Nouveau sur le site : Les conseils d’achat

Je vous propose un nouveau service, “Les conseils d’achat”.  Vous les trouverez dans la barre de navigation.

Face à l’étendue des offres sur le matériel photo qui sont proposées au grand public,  il peut être difficile de choisir un équipement de qualité.

Partant de ce constat, j’ai conçu la rubrique “Les conseils d’achat”. Le principe est simple : me basant, entre autres, sur les tests effectués par le TIPA, une association de 27 journalistes de tous pays, je vous propose une sélection de matériels leaders dans leur catégorie.

Ce sont donc des équipements de très grande qualité qui ne pourront que vous satisfaire.

Pour chacun d’entre eux, vous trouverez une fiche complète contenant :

  1. Les points forts
  2. Les points faibles
  3. Mon avis
  4. Les configurations boitier / optique que je préconise
  5. Les principales caractéristiques
  6. Les manuels à télécharger
  7. les offres commerciales correspondantes (liens affiliés Amazon)

Le Nikon D5600, qui a reçu le prix du meilleur reflex d’entrée de gamme pour l’année 2017, est le premier équipement de cette rubrique.

Fiche “Conseils d’achat” pour le Nikon D5600

 

Prochaines fiches en préparation :

  1. Nikon COOLPIX W100
  2. Panasonic LUMIX DC-FZ80/FZ82
  3. FUJIFILM X-T20a

 

Jean-Claude

Publié dans Tous les articles | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

De l’aquarelle au patchwork, comment respecter les couleurs ?

Introduction

Quelle partie du tableau
correspond à l’original ?

Photographier une aquarelle, une peinture, une broderie ou autre patchwork, constitue un des exercices les plus difficiles : en cause la reproduction fidèle des couleurs qui, si elles ne sont pas globalement respectées, peuvent dénaturer le sujet. C’est l’inéluctable comparaison du résultat avec l’original qui met en lumière ces différences, celles-ci ne portant parfois que sur une ou deux couleurs seulement. Tout le problème est là !

Beaucoup d’éléments vont entrer en ligne de compte pour obtenir une reproduction des couleurs correctes. Mais grand public et professionnels n’auront pas le même objectif. Les premiers se contenteront d’un résultat global alors que les seconds rechercheront la précision, la reproduction parfaite. Il sera alors nécessaire d’investir dans des outils de calibration et de maîtriser tout le processus des espaces couleurs. Un thème qui ne sera pas abordé ici, celui-ci demandant à lui seul la rédaction d’un dossier complet.

Dans cet article, nous en resterons donc à la méthode globale. 

Notions de base

Le nombre d’éléments ayant une influence, (plus ou moins grande) sur les couleurs d’une photo est très important. On peut en dresser la liste suivante :

  • Le sujet : l’éclairage  (*)
  • L’appareil photo : l’objectif – le capteur – le processeur – le format de fichier – son espace couleurs (*)
  • La post production : le processeur de l’ordinateur – le logiciel de retouche (*) – l’écran – leurs espaces couleurs (*)
  • L’impression : l’imprimante – le papier – l’encre – son espace couleurs (*)

Dans le processus de reproduction, chaque composant a une influence,
même minime, sur le résultat couleurs

Ces éléments peuvent se classer en deux catégories :

  1. Ceux pour lesquels il est possible d’intervenir. (Ils sont marqués d’une*)
  2. Ceux pour lesquels il n’est pas possible d’intervenir sauf à investir dans des outils spécifiques.

En dehors d’une approche professionnelle, les solutions seront assez simple à mettre en place. Elles sont fondamentales pour obtenir un résultat correct. On interviendra sur l’éclairage, les espaces couleurs et le logiciel de retouche, la charte de gris à 18% (1) étant une aide précieuse.

(1) Voir les explications dans le paragraphe “Post production”

A l’image du maçon qui ne pourra pas construire une maison si les fondations ne sont pas correctes, il ne sera pas possible (ou très difficile) d’obtenir une bonne reproduction des couleurs si la prise de vue n’est pas effectuée dans les règles de l’art.

Tout commence avec l’éclairage.

L’éclairage : le rôle de la lumière

Le premier élément à prendre en compte est la lumière.

 

Le rendu des couleurs varie en fonction de la distance entre la terre et le soleil

Selon l’état de l’atmosphère, les saisons, l’heure, le lieu, l’altitude, la lumière naturelle change, ce qui a une incidence sur le rendu des couleurs. Par convention on appelle “lumière naturelle” la lumière moyenne du soleil, au milieu de la journée, par temps clair.

Pour être précis, on considère que la lumière est dite “naturelle” ou “du jour” lorsque sa valeur °K (température de couleur) se situe entre 5400 et 6500 :

  1. 5400 ° Kelvin correspond à une lumière solaire en fin de journée l’hiver. C’est une lumière plutôt chaude.
  2. 6500 ° Kelvin correspond à une lumière solaire à midi en juin. C’est une lumière plutôt froide.

Aujourd’hui les ampoules à Led type lumière du jour sont une très bonne alternative. La valeur °K change en fonction des fabricants. Choisissez une valeur située entre 5400 et 6500.

Toutes les autres sources de lumière sont inadaptés, temps couvert, haute montagne, lumière artificielle, néon, lumière du jour via une fenêtre etc. La reproduction de certaines couleurs ne sera pas correcte et le rattrapage via le logiciel de post production sera très difficile voire impossible.

La prise de vue

Avant toute chose, il est très important d’assurer une cohésion couleurs entre tous les éléments qui entrent dans le processus de reproduction. Cela se fera très simplement en enregistrant (quand c’est possible) l’espace couleur sRVB (profil sRVB IEC61966-21). Ce réglage s’effectue via la fonction “Gestion des couleurs” qui se trouve dans le menu de l’appareil Photo ou du logiciel de retouche et dans le panneau de configuration du PC (pour l’écran).

On ne mettra pas en place la même méthode de travail selon que l’on effectuera des prises de vue occasionnelles (débutant) ou au contraire très régulières. (expert)

Débutant / Confirmé : Prise de vue occasionnelle

Elle pourra se faire à main levée. A l’intérieur, un lampadaire à arc est parfait pour les petits formats. Il suffira d’être vigilant sur la qualité de la lumière et sa répartition sur le sujet. La position de l’appareil photo devra être bien plan pour éviter les déformations. Si le sujet est de grande dimension, il sera difficile d’avoir une bonne répartition de lumière sans investir dans un mini studio. Avec une lumière naturelle correcte, l’extérieur est alors une très bonne solution. Il faudra juste se méfier des lumières parasites comme celles réfléchies par un élément coloré à l’instar d’un mur en crépi.

Cette prise de vue est très facile à faire.
La composition est posée sur une simple table, éclairée par un lampadaire à arc (Led lumière du jour) qui est situé au dessus. Les couleurs correspondent à l’original.

Pour faciliter le travail de post production, je vous conseille d’acquérir pour quelques euros une « Charte de gris à 18% » (1) qui vous permettra de visualiser rapidement la qualité des couleurs et éventuellement les corriger avec le logiciel de retouche. Dans ce cas vous réaliserez deux photos, une avec la charte, l’autre sans.

(1) Voir les explications dans le paragraphe “Post production”

Confirmé / Expert : Prise de vue multiple ou régulière

Si vous devez effectuer très régulièrement ce type de photos, il est nécessaire de rendre la prise de vue reproductible. Cela facilitera beaucoup votre travail de post production, le rendu couleurs étant au fil de temps très régulier. Les conditions de prise de vue doivent rester inchangés : l’ensemble du matériel (cité dans la liste du § “Notions de base”) doit absolument être identique. Coté lumière, la prise de vue extérieure ne convient pas, du fait de son incessant changement. L’investissement d’un mini studio est donc obligatoire (à partir de 40,00 €)

 

Enfin, pour rendre votre prise de vue reproductible, il faut effectuer un plan du studio, afin de pouvoir repositionner les éléments au même endroit. Les conditions de la prise de vue devront respecter les règles décrites ci-dessous :

Préparation du studio de prise de vue

Préparation du studio de prise de vue

Schéma de gauche : Le principe de base
Les deux parapluies doivent être installés verticalement et les lampes placées à mi hauteur du tableau. L’objectif de l’appareil photo doit être positionné de niveau par rapport au centre du tableau. De cette manière, la répartition de la lumière sera uniforme, les déformations évitées.
Schéma de droite : plan de prise de vue
Les deux parapluies doivent être installés à 45° (Angle par rapport au centre du tableau). Ils doivent être à la même distance, celles-ci devant être notées sur le plan. Ainsi, vous pourrez les replacer au même endroit lors de la prochaine séance.

La répartition de lumière est un point important car si certaines parties reçoivent plus ou moins de lumière, cela affectera l’aspect des couleurs, au même titre qu’en extérieur une couleur change selon qu’elle se trouve à l’ombre ou au soleil. Il en est de même pour les déformations éventuelles liées aux effets de perspective. Le traitement post production permettant de  rattraper les fuyantes aura une légère incidence sur les couleurs, autant l’éviter.

L’exposition ne doit pas être influencée par la densité générale de l’œuvre. Toute variation du temps de pose aura aussi une incidence sur les couleurs, même minime. La  solution passe par l’acquisition d’une charte de gris à 18% (1). Elle sera utilisée pour prendre le mesure de l’exposition, (visée sur la charte en mode spot).

Pour obtenir la meilleure définition, n’oubliez pas de régler l’ISO à 200 et l’ouverture F/8 ou F/11. C’est en principe à ces ouvertures que les objectifs offrent la meilleure résolution. L’appareil étant sur pied, le temps de pose n’a aucune importance.

Enfin réalisez deux prises de vue, une avec la « Charte de gris à 18% » (1) l’autre sans. Travaillez en Raw afin de pouvoir ajuster la température couleur de la lampe Led que vous utilisez.

(1) Voir les explications dans le paragraphe “Post production”

La post production

Modèle Kaavie
vendu sur Amazon

La charte de gris à 18%
Cette charte a la particularité de renvoyer 18% de la lumière qu’elle reçoit, ce qui correspond à la densité moyenne d’un sujet, quel qu’il soit. Ici, l’utilisation de cette charte est intéressante car elle permet d’effectuer une mesure très précise de l’exposition. Elle évite donc l’influence du tableau qui peut être plus ou moins dense. Cette charte est un gris moyen, cela signifie que sa densité se positionne au centre de l’échelle qui va du blanc au noir. Elle évite aussi toute sous ou sur-exposition. Ce gris moyen est mesurable : La valeur absolu RVB est de 128.128.128. La valeur en pourcentage en RVB est de 50.50.50. Les logiciels comme Photoshop ou Lightroom permettent de ramener, avec leur outil ” Pipette”, ce gris aux valeurs de référence, ce qui facilite grandement la correction couleurs

Prise de vue occasionnelle
En comparant visuellement la charte de gris de la photo à l’original, vous pourrez voir si votre photo a les bonnes couleurs. Si le gris à une légère dominante, vous pourrez le corriger facilement en utilisant un logiciel de retouche. (2)

Prise de vue multiple ou régulière
Si les conditions de prise de vue décrites ci-dessus sont respectées, le résultat sera très proche de l’original. L’outil “Pipette” va vous permettre de d’appliquer une valeur neutre ” 128.128.128 ” à la charte de gris, ce qui constitue une première correction efficace. Il vous restera, éventuellement, à finaliser les corrections de certaines couleurs (2)

(2) Les logiciels de retouche d’entrée de gamme proposent des réglages couleurs basiques, constitués uniquement des 3 curseurs de base : Bleu, Vert, Rouge. Les applications haut de gamme comme Photoshop ou Lightroom, propose d’agir individuellement sur 8 curseurs, Rouge, Orange, Jaune, Vert, Bleu-vert, Bleu, Pourpre, Magenta, ce qui facilite beaucoup la correction d’une couleur précise.

Le résultat final

Malgré la rigueur mise dans cette prise de vue, il est probable, que certaines couleurs, même si elles se rapprochent de l’original, ne correspondent pas exactement à celui-ci. Cela est du aux espaces couleurs. Les éléments comme les capteurs ou les écrans ne peuvent pas toujours retranscrire correctement l’ensemble de la gamme couleur. Ils vont être capable de reproduire correctement, par exemple le bleu, et pas le rouge. Ce sont notamment toutes les couleurs pastels (très claires et proches du gris) qui sont très sensibles au variation. Au contraire les couleurs denses et saturées ne le sont pas.

La seule solution est donc de créer un profil spécifique à cette prise de vue. Un travail coûteux qui nécessite d’investir dans des chartes, sondes et autres thermo colorimètres. Cela permet de mesurer un grand nombre (3) de plages couleurs et de créer un fichier (le profil) qui va permettre de compenser la différence de telle ou telle couleur. C’est un autre monde.

Jean-Claude

– (2) Les logiciels de retouche d’entrée de gamme proposent des réglages couleurs basiques, constitués uniquement des 3 curseurs de base : Bleu, Vert, Rouge. Les applications haut de gamme comme Photoshop ou Lightroom, propose d’agir individuellement sur 8 curseurs, Rouge, Orange, Jaune, Vert, Bleu-vert, Bleu, Pourpre, Magenta, ce qui facilite beaucoup la correction d’une couleur précise. 
– (3) Ce nombre peut aller d’une dizaine à plus d’une centaine de plages couleurs en fonction du degré de précision voulu.
Publié dans Méthode, Photo numérique, Prises de vue | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Formation labo : vos premiers tirages Noir et Blanc.

Note de l’auteur :
Dans cette formation, je conseille les sociétés Ilford et Paterson C’est un point de vue tout à fait personnel, lié au fait que j’apprécie ces marques, sans plus.

Introduction

La mode est au vintage, vous êtes attirés par la photo Noir et Blanc mais vous ne trouvez aucune solution de tirage abordable chez les professionnels. Vous projetez donc d’installer chez vous un laboratoire Noir et Blanc.
Vous trouverez ici un guide très complet qui aborde tous les aspects de ce projet, de l’installation aux méthodes de travail, en laissant les grandes théories de coté.

Contenu de la formation 

  1. L’installation du laboratoire
  2. Les papiers
  3. Les produits chimiques
  4. Le développement négatif
  5. Le tirage : principes et préparation
  6. La technique du tirage N & B

 

1- L’installation du laboratoire

A- Choisir son local

Pour une utilisation tout à fait occasionnelle, beaucoup d’endroits peuvent parfaitement convenir mais si vous avez de l’espace, il est préférable d’avoir une pièce dédiée. Aucune lumière blanche ne doit pouvoir y pénétrer,  vous devez donc faire attention aux lumières parasites provenant des portes ou fenêtres. Attention aussi aux personnes qui peuvent entrer dans le labo, surtout lorsque vous chargez un film. (cela arrive plus souvent que l’on ne pense)

  • Sol, mur et plafond : inutile de les peindre en noir mais évitez les peintures brillantes.
  • Aération : le local doit être parfaitement ventilé au regard de la toxicité des produits chimiques.
  • Installation électrique : un laboratoire est par définition une pièce humide et toutes les précautions doivent être prises.
  • Alimentation de l’eau : contrairement à ce que l’on peut penser, elle n’est pas absolument nécessaire dans un labo. Le lavage des films et photos peut se faire dans une autre pièce.
  • Éclairage : vous devez prévoir deux types de lumières : blanche et Inactinique. Chacune doit être commandée par un interrupteur qui doit être le plus proche possible de l’agrandisseur. La lampe inactinique doit être placée assez loin de ce dernier pour éviter tout problème de voile sur les papiers.
Retour ver le haut de la page

B- Le matériel
Voici la liste de matériels que vous devriez prévoir pour l’installation d’un laboratoire.

Note :
Les prix  indiqués ci-dessous sont approximatifs. Ils ont été relevés sur des sites de vente en ligne, en janvier 2018. La plupart des accessoires cités se trouve sur le marché d’occasion, ce qui réduit considérablement le coût d’installation.

Kit de développement proposé par Paterson

Développement film

– Une cuve patterson (environ 35,00 €).
– 2 brocs gradués de 1L (env. 20,00 €).
– Un thermomètre (env. 10,00 €).
– Des pinces film inox (env. 9,00 € les 2).
– Un pince essoreuse (env. 12,00 €).
– 2 Bidons opaques, type accordéon, pour produits photographiques (env. 14,00 €).

ainsi que une peau de chamois véritable, un entonnoir et un minuteur, soit un budget total d’environ 110,00 €.

Le tirage papier 

– Un agrandisseur. Pièce maîtresse, j’y consacre un paragraphe entier.
– Un éclairage labo : une simple lampe inactinique suffit (env. 20,00€ ).
– 3 cuvettes 24 x 30 cm (env. 24,00 €).
– 2 pinces papier inox (env. 16,00 €).
– 2 bidons opaques, type accordéons,  (env. 14,00 €).
– Un margeur ou un plateau de cadrage..
– Filtres multigrades  (de la même marque que le papier utilisé, env. 40,00 €).
– Une loupe (un scoponet à 50,00 € ou une simple loupe).
– Un massicot (env. 30,00 €).
– Compte pose ou une horloge qui affiche les secondes (attention à l’éclairage des Leds).

sans oublier gants et chiffon antistatique, soit un budget d’environ 150 € (non compris l’agrandisseur).

On trouve des agrandisseurs occasions à partir de 50,00 €
Le modèle présenté ici est un Paterson.

L’agrandisseur 
C’est évidement l’élément principal du laboratoire. Les modèles neufs étant très onéreux, il me paraît plus opportun de s’intéresser à l’occasion en restant sur les grandes marques comme Durst, Ahel, Krokus, Paterson,etc. Il me semble difficile d’effectuer un achat sans voir le matériel. Si l’aspect extérieur n’a pas beaucoup d’importance, ce n’est pas le cas de certains points sensibles qu’il faut absolument vérifier. Ils sont indiqués ci-dessous.

note :
Si on part du principe que vous traiterez essentiellement des films 135, il faut que l’agrandisseur soit configuré pour ce format. On en trouve sur le marché de l’occasion a partir de 6

Un agrandisseur comprend les éléments suivant :

Une boite à lumière qui doit être étanche, aucune lumière ne devant être projetée vers l’extérieur au risque de voiler les surfaces sensibles. L’ampoule doit être opaque. 
Un système optique (condenseur) qui permet de concentrer la lumière sur le négatif. Il doit être en très bon état, surtout pas terni par le temps. Il doit aussi correspondre au format du négatif que vous souhaitez utiliser, ici le 135  et à la focale de l’optique correspondant à ce format.
Un objectif  qui est monté sur un dispositif de mise au point. (soufflet + crémaillère). Pour le 135, il doit avoir une focale située entre 45 et 55 mm. Les lentilles ne doivent pas être abîmées : rayure, éclat ou/et voile. L’ouverture est en principe de f/3,5 . Schneider Componon est une marque très abordable et très répandue. La crémaillère permet la mise au point. Elle doit être en parfait état afin de pouvoir monter ou baisser l’optique avec une très grande précision, sans à-coup.
Un passe vue 135 : sans verre et parfaitement poli pour passer un film sans le rayer.
Un tiroir à filtre (voir plus bas le § sur le sujet)
Un plateau pour poser le margeur
Un filtre inactinique placé sur le corps le l’appareil entre l’objectif et le plateau.
Une colonne à crémaillère permet de monter ou descendre la tête de l’agrandisseur.

Il est aussi important de vérifier la technologie de l’agrandisseur. Dispose-t-il d’un tiroir à filtres ou non ?  La technique des filtres de contraste n’étant pas utilisée avant les années 70, on trouve actuellement des agrandisseurs qui n’ont pas de tiroir . Or, aujourd’hui il n’est pas possible de faire des tirages sans ces filtres. Si vous avez ce type d’agrandisseur, il faudra vous fabriquer un porte filtre que vous placerez entre l’objectif et le plateau.

2- Les Papiers

Retour ver le haut de la page

Pour les raisons que je viens d’expliquer, il n’existe plus que du papier multigrade. Ces papiers sont proposés sur deux supports différents :
Le support RC : L’émulsion est couchée sur du polyéthylène, une résine thermoplastique. Le RC est un papier standard.
Le support FB : L’émulsion est couchée sur de la fibre papier. Le FB est un papier Premium offrant des résultats de niveau professionel.

Pour vos premiers tirages, je vous conseille d’utiliser le papier RC, beaucoup plus simple d’utilisation. Le papier Premium, lui, sera utilisé une fois les premières bases acquises. Préférez l’achat d’une pochette 20 x 30 cm. Un format qui vous permettra de faire aussi des 10 x 15 cm (4 par feuille) et des 15 x 20 cm (2 par feuille). Si vous restez dans la marque Ilford, utilisez  le papier Multigrade IV RC de luxe – Surface Brillante – 24 x 30.5 cm.

Note : 
Le support RC permet un temps de lavage beaucoup plus rapide. Quelques minutes au lieu d’une heure pour les supports papier.

3- Les produits chimiques

Retour ver le haut de la page

Budget environ 110,00 €

Vous aurez besoin de 5 types de produits :

– Un révélateur film
– Un révélateur papier
– Un fixateur film et papier (même produit)
– Un bain d’arrêt film et papier (même produit)
– Un agent mouillant pour le séchage du film. (Éventuellement)

La durée de vie du révélateur est limitée dans le temps car il s’oxyde à l’utilisation mais aussi durant son stockage (via un contact avec l’air et/ou la lumière). Il peut s’altérer très rapidement et devenir inutilisable au bout de quelques semaines. Une situation qui serait catastrophique pour le développement d’un film, un peu moins pour le papier. Sa couleur jaune est un indice. Il faut donc prendre quelques précautions :

  1. N’achetez pas de grande quantité.

    Bidon Ahel Distribution

  2. Une fois ouvert, transférez le produit inutilisé dans un bidon accordéon opaque afin d’éliminer l’air au fur et à mesure de l’utilisation.
  3. Lors de la préparation du bain de développement, agitez le mélange “révélateur / eau” modérément.
  4. Ne jamais secouer un révélateur.

Par contre, pour les fixateurs, bain d’arrêt et agent mouillant, il peut être intéressant de prendre une certaine quantité pour bénéficier d’un coût de revient plus avantageux.

Si vous débutez dans le labo NB, le plus simple est d’utiliser qu’une seule marque pour l’ensemble de la chaîne. afin d’avoir une parfaite compatibilité. Ilford est une référence dans la photographie et possède le catalogue le plus complet. Dans cet esprit, je vous propose les produits suivants :

Pour le développement film
– Révélateur Ilford ILFOTEC LC29 en 0.5 L pour faire au minimum 10 L de solution pour développer environ 30 films. (env. 20,00 €)

– Bain d’arrêt Ilford Ilfostop en 0,5 L pour faire 10 L de solution (env. 15,00 €)
– Fixateur Ilford Rapid Fixer en 1 L pour faire 5 L de solution (env. 14,00 €)
– Agent mouillant Ilford IFOTOL en 1 L pour faire 200 L de solution (env. 20,00 €)

Pour le développement papier
– Révélateur Ilford Mulitigrade en 1 L pour faire 10 L de solution (env. 18,00 €)

– Bain d’arrêt Ilford Ilfostop en 0,5 L pour faire 10 L de solution (env. 15,00 €)
– Fixateur Ilford Rapid Fixer en 1 L pour faire 10L de solution. (idem film)

Note 1 :
Utilisez aussi les films de la même marque : le 135 Ilford FP4 plus 125 Iso (env. 5,00 €) et/ou le 135 HP5 plus 400 Iso (env. 5,00 €)  Cela permet d’avoir des informations sur les temps de développement très précises.
Voir doc Ilford ici.

 

Note 2 :
Il ne faut pas négliger l’aspect toxique des produits chimique. Personnellement, j’ai rencontré assez peu de problèmes d’allergie dans le monde de la photo Noir et Blanc, ce qui n’est pas le cas de la chimie couleurs. Mais il est nécessaire de prendre quelques précautions : bien ventiler le local, éviter trop de projection sur la peau et stocker vos produits usagés dans un récipient. A mon sens, ces produits peuvent être portés dans les déchetteries car on peut les assimilés aux radios argentiques qui, elles, sont autorisées. (plus d’information ici)

4- Le développement négatif

Retour ver le haut de la page

Mise à part deux points délicats, le chargement et le séchage, le développement du film est un processus assez simple qui ne devrait pas poser de problème.

A- Le chargement du film
Le développement va se faire avec une cuve Patterson. Elle contient un système de chargement à spire qui demande une petite technique. Je conseillerais aux débutants de s’entraîner “”au jour” puis “au noir” afin de bien maîtriser leur utilisation. La première fois, prévoyez une boîte étanche afin d’y placer le film exposé pour rallumer la pièce en cas de difficultés.

Système de chargement à spire

Fonctionnement d’une spire
Cette pièce est composée de deux joues spiralées qui vont permettre de glisser le film sans qu’il se touche. Les deux joues s’emboîtent et leurs entrées doivent se trouver l’une en face de l’autre, chacune d’elles permettant un mouvement de va et vient.
Elle doit être parfaitement sèche. 
Coupez l’amorce de chargement du film puis avancez-le dans les rainures sur environ 5 cm. Ensuite, faites avancer votre film par un mouvement alternatif de va et vient tout en tenant le film entre chaque mouvement. Une fois chargé, replacer le tout dans la cuve sans oublier le tube central qui assure l’étanchéité. Refermez la cuve sans remettre le couvercle. Vous pouvez rallumer la lumière et préparer votre révélateur.

B- La préparation du révélateur
Comme indiqué plus haut, nous allons utiliser le révélateur Ilford ILFOTEC LC29,  un produit très facile d’utilisation, dit “à bain perdu”. Une seule préparation permettra plusieurs développements dans une même séance de travail.
La dilution sera de 1 pour 29 : pour 600 ml de produit, il faudra donc 20 ml de concentré et 580 ml d’eau. La température de traitement doit être de 20°. Le temps de traitement est de 12 minutes.

La température de traitement doit être précise et sera mesurée avec un thermomètre juste avant son versement dans la cuve. C’est la raison pour laquelle, je ne conseille pas de préparer le produit avant le chargement du film, la température pouvant avoir baissé au moment du développement.

Note :
Si vous utilisez des films Ilford, il est possible de changer ces conditions de traitement. Par exemple :
– Pour une température de 18° le temps de développement sera de 14 min

– Pour une température de 22° le temps de développement sera de 10 min
Voir doc Ilford ici.

C- Le développement
Une fois le produit préparé, vous devez le verser le plus rapidement possible dans la cuve et placer le couvercle d’étanchéité  (ou bouchon). L’agitation doit démarrer immédiatement par renversement de la cuve. (2  fois). Continuez ensuite l’agitation au rythme de 1 renversement par 30 sec. N’agitez pas plus, au risque de sur-développer le film. 30 secondes avant la fin du développement, videz la cuve et versez immédiatement le bain d’arrêt.

Note :
Si vous souhaitez faire un second développement un peu plus tard dans la journée, récupérez le bain dans un bidon. Vous devrez prendre une nouvelle spire parfaitement sèche.

D- Le bain d’arrêt
Durant les 12 minutes de développement, vous aurez le temps de préparer le bain d’arrêt Ilfostop avec une dilution de 1+19. La température ne doit pas excéder +/- 5° par rapport à celle du révélateur. Une fois versé dans la cuve, agitez 30 sec, puis videz le produit et versez le fixateur.

E- Le fixage
Le bain de fixage pour film aura été préparé avec une dilution de 1+4. Le temps de traitement sera d’environ 5 minutes. Lui aussi ne doit pas excéder +/- 5° par rapport à celle du révélateur.

Note :
Avec 1 litre de fixateur, vous pouvez traiter 24 films 135/36 poses
Lors d’une manipulation simultanée des trois produits, attention de ne pas contaminer le révélateur avec le bain d’arrêt ou le fixateur. Il perdrait une grande partie de son efficacité. Des bidons séparés doivent être absolument affectés : 1 par produit..

Cuve Paterson

F- Le lavage
Nous arrivons à l’étape du lavage. C’est une étape beaucoup plus importante qu’il n’y parait car elle conditionne la conservation du film dans le temps. Elle demande une certaine attention car les sels d’argents se déposent par gravité au fond de la cuve et laisser couler l’eau dans une cuve ouverte ne constitue en aucun cas un bon lavage. Il faut laisser la cuve fermée, l’eau arrivant par un tuyau souple sera pour ainsi dire “forcée” et renouvelée continuellement sur les 2 faces. Il faut 30 minutes de lavage à 20° et 2 h à 10°

Note :
Attention aux écarts brusques de température (une eau de lavage trop chaude provoque un réticulation du film, une sorte de gaufrage) Il est possible d’économiser du temps et de l’eau en limitant le débit et en vidant au moins 6 fois la cuve.

G- L’agent mouillant et le séchage
Il est indispensable d’utiliser la pince essoreuse pour enlever l’eau résiduelle du film. Le séchage doit se faire à température ambiante et au maximum entre 30 et 40°. Il faut absolument préserver le film de la poussière.
L’agent mouillant n’est pas obligatoire mais il facilite ce séchage et élimine les traces de calcaire sur les deux faces.

Note :
Une fois sec, il est encore possible de nettoyer le film, mais uniquement sur le support (coté brillant) avec une peau de chamois humidifiée d”eau. Une bonne solution consiste à installer celle-ci sur une patère murale, ce qui permet de tenir le film par les extrémités pour le passer sur la peau.

5- Le tirage – principes et préparation

Retour ver le haut de la page

A- Le principe des filtres de contraste
Dans le passé, le laborantin travaillait sur plusieurs papiers. Pour un format et une surface donnée, comme le brillant, il disposait, de 6 types de gradation :

Correspondance entre
gradations et filtres de contraste

  • Extra doux et Doux pour les clichés très contrastés
  • Spécial et Normal pour les contrastes normaux
  • Dur et Extra dur pour les faibles contrastes ou les négatifs sous et sur exposés.

L’opérateur choisissait la gradation en fonction du contraste du négatif. On imagine le stock papier nécessaire. A partir des années 80, les fabricants ont conçu un papier multicontraste. Une gamme de filtres en gélatine remplace alors la gamme de papiers. C’est la technique qui est utilisé aujourd’hui.

Le contraste d’un négatif peut subir d’importantes variations, en fonction du sujet, du type de film et du type de révélateur utilisé. En conséquence, les négatifs ont des contrastes très variables et la difficulté majeure pour un débutant est trouver la correspondance entre le négatif et le papier.

Note :
Il me semble important d’avoir des filtres de la même marque que le papier utilisé afin qu’ils correspondent bien à la couche couleur qui gère le contraste. Vérifiez que la numérotation proposée par le fabricant est la même que celle décrite dans cette formation

On dispose aujourd’hui de 12 filtres de contraste.
Pour vous aider à sélectionner le filtre correspondant à votre négatif, reportez-vous aux modèles ci dessous. Ils représentent les 6 types de contrastes que vous pouvez rencontrer. En comparant votre négatif à ces modèles, vous trouverez facilement le numéro du filtre correspondant.

Double cliquez sur l’image pour l’agrandir

  1. Négatif très contrasté :  Ce type de vue, avec des extrêmes contrastes , est assez rare. De ce fait, les filtres correspondant seront très peu utilisés.
  2.  Négatif contrasté: Ici aussi le contraste est important. Prise de vue ensoleillée avec ombres portées très marquées.
  3. Légèrement contrasté : Constitue avec le négatif normal la grande majorité des photos
  4. Négatif Normal : Souvent le point de départ du premier essai
  5. Très peu contrasté : Concerne les photo prises par temps gris, brouillard, etc.
  6. Sous ou sur exposé : Les filtres 11 et 12 correspondent très souvent à cette catégorie de photo.

B- Principe du tirage papier
En matière de tirage noir et blanc deux critères conditionnent la qualité de votre résultat : le contraste du négatif et le temps de pose. Compte tenu de la diversité des contrastes et des densités des négatifs, il est pratiquement impossible de faire d’emblée un tirage de qualité. L’opérateur devra faire des essais pour trouver la juste mesure entre le choix du filtre de contraste et le de temps pose, sachant que ce dernier influence, lui aussi, le contraste final de l’épreuve.

C- Préparation
Vous êtes maintenant devant votre agrandisseur, Vous avez autour de vous :

  •  Les trois cuvettes contenant le révélateur le bain d’arrêt et le fixateur. Vous avez préparé vos produits un peu comme  pour le film en prenant soin de ne pas polluer le révélateur avec les deux autres produits.
  • Les 2 pinces pour manipuler le papier, dont une réservée exclusivement au révélateur.
  • Votre papier photo et vos filtres de contraste.
  • Vos négatifs, la loupe de mise au point,et un chiffon anti statique
  • Un compte pose

Dans un premier temps vous allez décider du format de tirage (10 x 15 cm, 15 x 20 cm, 20 x 30 cm, etc.) et effectuez le cadrage et mise au point. Pour se repérer sur le plateau, on utilisera un margeur réglé au format souhaité.

Note :
Si pour diverses raisons, vous ne possédez pas de margeur, il est possible de fabriquer facilement un plateau de cadrage. Découpez un carton blanc mat (épaisseur 2 mm environ) au format 25 x 35 cm. Collez sur un angle deux languettes de 3 x 20 cm de ce même carton de manière à créer une équerre. Tracer sur le plateau, tous les formats qui vous seront utiles. Placez le sur votre agrandisseur, il vous permettra de faire votre cadrage, le papier photo venant en buté sur l’équerre. Vous ne pourrez pas faire de marges. Mais est-ce bien utile ?

6- La technique du tirage N & B

Retour ver le haut de la page

A- Mise au point

  1. Placez sur votre plateau de cadrage une feuille de papier, le mieux étant le dos d’un papier photo usagé.
  2. Insérez votre négatif dans le passe-vue, après l’avoir essuyé avec un chiffon antistatique. Vous devez le positionner avec le coté mat (émulsion) vers le plateau.
  3. Ouvrez votre objectif au maximum
  4. Faites votre cadrage en montant ou descendant la tête de l’agrandisseur et en effectuant régulièrement la mise point.
  5. Une fois le cadrage correct, finalisez votre mise au point. Le scoponet est l’outil idéal. Il vous permet d’effectuer cette mise au point avec une grande précision. Sinon, aidez vous d’une loupe.
  6. Régler votre diaphragme entre f/8 et f/11. C’est à cette ouverture que l’objectif vous donnera la meilleure qualité. Par ailleurs cela réglera les problèmes de netteté que vous pourriez avoir si la surface du négatif n’est pas parfaitement plane.
  7. Éteindre l’agrandisseur.

B- Tirage des essais

  1.  En vous aidant du paragraphe 5A, choisissez une filtre de contraste et insérez le dans le porte filtre. Dans l’incertitude prenez le filtre N° 7.
  2. Découpez une bande de papier d’environ 3 cm de large.
  3. Effectuez une série de pose de durée égale en démasquant chaque fois une nouvelle plage du bout d’essai.

    Double cliquez sur l’image pour l’agrandir.

    Par exemple 5 expositions de 3 secondes chacune. La première expose 3 sec sur une petite partie de l’essai. Déplacez votre carton de manière à découvrir un peu plus le papier et exposez de nouveau 3 sec et ainsi de suite. Au final vous disposer d’un essai comportant 5 zones qui ont été exposées respectivement à 3, 6, 9, 12, et 15 sec.

C- Développement

  1. Développez l’essai en le plongeant rapidement dans le révélateur et en l’agitant 15 secondes. Ensuite retourner l’épreuve toutes les 15 secondes. Elle doit être développé à fond c’est dire jusqu’à que l’image soit stabilisée. Vous ne devez pas la sortir, même si vous avez l’impression qu’elle sera trop dense. (En fonction de la dilution le temps développement se situe entre 1 et 3 minutes)
  2. Une fois égouttée, placez-la dans le bain d’arrêt (env.15 sec) puis dans le fixateur. Vous pouvez allumer au bout de 60 secondes. Attention de ne pas contaminer le révélateur avec les deux autres produits.

D- Tirage de l’épreuve finale.

  1. A l’examen de l’épreuve deux questions de posent :
    1. Parmi les 5 plages de densité, l’une d’entre est-elle correcte ?
    2. Le contraste est-il correct ou non ?
  2. En fonction des réponses, vous pourrez :
    1. soit refaire un nouvel essai en changeant de filtre de contraste et/ou ajustant le temps de pose. (méthode identique au § B)
    2. Soit lancer le tirage définitif.

E- lavage et séchage

  1. Une fois le fixage terminé, vous pourrez procéder au lavage.
    1. Papier RC :  le temps est très court , environ 5 minutes et ne pose pas de problème particulier. La règle est de vider la cuvette 2 ou 3 fois.
    2. Papier FB : Par contre pour ce papier, le lavage est beaucoup plus long. Cela s’explique par le fait que le produit pénètre dans la fibre du papier. Le temps est de 60 minutes avec un changement régulier de cuvette
  2. Le séchage se fera à température ambiante. Les photos sont souvent accrochées à un fil. Je trouve que cette méthode détériore le tirage. Il est facile de se fabriquer une sorte de “moustiquaire” permettant à la photo de sécher à plat, simultanément sur les deux faces.
Retour ver le haut de la page

Jean-Claude

Copyright –Décembre 2017 – Reproduction des textes et des photos interdites sans l’autorisation de l’auteur.

Source :
Ilford : Documentation technique sur le film FP4
Ilford : Catalogue produits – année 2018
Paterson : Catalogue produits – année 2018

 

 

Publié dans Méthode, Noir & Blanc, Photo argentique, Tirage papier, Tous les articles | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Le blanc en photographie.

“En photographie, le blanc n’existe pas”

Introduction

Cette phrase n’est pas de moi, mais de Mariano Ena, un de mes professeurs de photo, qui  nous enseignait, il y a déjà pas mal d’années, les grands principes de la photographie.

Avec cette phrase, il nous expliquait que le blanc (par définition l’absence de détail) était en totale opposition avec les bases de la photographie. En effet, les zones les plus claires doivent toujours avoir des détails. 

Cette phrase est resté gravée dans mon esprit car, durant ma vie professionnelle, je me suis aperçu que les grands fabricants de papier photographique avaient une démarche à priori inverse. Kodak, Agfa, Konica ou autre grandes marques, cherchaient absolument à fabriquer des papiers dont la surface était la plus blanche possible. Dans les faits, fabriquer ce type de papier contribuait avoir des photos plus lumineuses, de meilleure qualité.

Ci-dessous, quelques exemples de photos
dont les parties claires ont été “ramenées au blanc”.

La photo originale a été placée en haut à gauche.
Celle dont le blanc a été éclairci, en bas à droite.

Le blanc en Photo numérique

J’aborde cette question ici car elle est tout à fait d’actualité. Beaucoup de photos, mises en ligne sur Instagram, Facebook ou autre site web, souffrent d’un manque de luminosité. Elles sont comme on dit “enterrées”, ce qui nuit fortement à la qualité d’affichage sur un écran.
Elles auraient un meilleur rendu si les très hautes lumières étaient les plus claires possibles.  Il est donc nécessaire de les éclaircir de manière à les amener le plus possible vers le blanc, mais attention la perte de détail produirait l’effet contraire. Il faut donc trouver la limite.

Les réglages

En pratique, pour effectuer un réglage, il faut pouvoir intervenir uniquement sur les blancs. Utiliser les fonctions contraste, luminosité ou modifications des hautes lumières serait une erreur car elles impacteraient les autres parties de l’image. Par exemple :

  • Le contraste agit à la fois sur les blancs et les noirs.
  • La luminosité  peut éclaircir les blancs mais agit aussi les valeurs moyennes et les ombres.

Les firmwares des appareils photo  (sauf peut-être les modèles professionnels) ne permettent pas d’effectuer ce type de réglage. Il faut donc un logiciel de post production avec une fonction  qui permette d’éclaircir uniquement les très hautes lumières, celles qui seront acceptées comme étant proches du blanc.

 Lightroom propose un réglage spécifique 

 Double cliquez sur l’image pour l’agrandir

 Sur Lightroom le réglage est très simple à réaliser, puisque il suffit d’agir sur le curseur correspondant au “Blanc”. Dans l’exemple ci-dessus,  celui-ci a été déplacé vers la droite et positionné à la valeur de +40. Le résultat se trouve sur la photo de droite.

D’autres logiciels proposent des courbes

Double cliquez sur l’image pour l’agrandir

Toutes les applications ne proposent pas un confort de réglage comme celui de Lightroom, mais en principe, toutes proposent les courbes.
Ce réglage est un peu plus technique. L’important est de bloquer la courbe avec plusieurs points d’ancrage afin que celle-ci ne bouge pas. De cette manière, la densité générale ne sera pas impactée par le réglage et ce sont seulement les parties très claires qui seront ramenées vers le blanc. Ici aussi, le résultat se trouve sur la photo de droite.

Personnellement, je considère* que presque toutes les photos, destinées à être visualisées sur un écran, nécessitent que l’on ramène les très hautes lumières vers le blanc. au minimum de quelques points.

*Avis qui peut ne pas être partagé par tous

Jean-Claude

Copyright –Décembre 2017 – Reproduction des textes et des photos interdites sans l’autorisation de l’auteur.
Publié dans Méthode, Photo argentique, Photo numérique, Photo pour le web, Tous les articles, Traitement numérique | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Votre photo manque d’originalité.

Introduction

En général, une photo est réussie lorsque elle exprime une certaine originalité, celle-ci étant obtenu par le sujet, la qualité de son cadrage et ses couleurs. Mais parfois, lors de conditions difficiles,  cadrage et couleurs ne sont pas au rendez-vous.

(1) Photo originale

La photo que j’ai réalisé la semaine dernière est un bon exemple. La lune était belle, très lumineuse, mais il était 7 h du matin, les conditions étaient mauvaises. Le résultat est donc très moyen. La prise de vue était intéressante, seul le rendu couleurs  ne correspondait pas à la réalité. Une petite retouche simple et rapide a permis de lui donner un peu de caractère.

Note :
Il n’est pas nécessaire de disposer des tous derniers équipements ou logiciels pour faire ce type travail. Voici les outils qui ont été utilisé :
– Un reflex Canon 350D, 8 millions de pixels datant de 2006 (mais équipé d’un 200 mm)
– Les applications Lightroom version 5.0 datant de 2013 et Photoshop 6.0 datant de 2000.
 Aujourd’hui, les Appareils d’entrée de gamme et les logiciels gratuits étant largement supérieurs à ceux que j’ai utilisé, cet exercice est donc à la portée de tous.

L’exemple

La photo ci-dessous montre un  exemple de résultat qui peut être réalisé en quelques minutes. Le principe est simple : il suffit d’accentuer une ou plusieurs couleurs déjà présentes sur la photo et de refaire un cadrage plus serré.

On peut noter que sur l’original  qui est incrusté dans le visuel ci dessous  :

  1. Le ciel est déjà bleu
  2. La lune est très légèrement orangée (mais cela ne se voit pas)
  3. Les arbres sont proches du noir.

En complément de cet article,  vous trouverez un tutoriel complet ici.

(2) Il est possible d’améliorer très rapidement une photo en travaillant uniquement sur les couleurs. 

Les outils

Pour donner  un caractère un peu irréel à cette photo, je vais donc accentuer ces couleurs,  déplacer les arbres vers le haut et refaire un cadrage.

Pour faire ces modification, je vais utiliser les 5 fonctions suivantes :

  • La gestion des densités. (lightroom)
  • La gestion couleurs. (lightroom)
  • L’outil sélection. (Photoshop) 
  • L’outil déplacement. (Photoshop) 
  • L’outil recadrage. (Photoshop) 
  • Enregistrement au format Jpg ((Photoshop) 

La méthode

Dans ce type de travail, plus que la retouche elle même, c’est la marche à suivre qui est importante. Certaines fonctions doivent se faire en priorité par rapport à d’autres. Le tutoriel le montre un exemple avec la corrélation entre l’accentuation des noirs et l’outil sélection.

Cette retouche va se faire en plusieurs étapes :

Couleurs disponibles sur Lightroom.

Le renforcement des couleurs sur Lightroom.
Ce logiciel est très performant dans ce type de travail. Il propose d’intervenir, de manière très ciblée, sur chacune des 8 couleurs, ainsi que sur les densités. Nous allons effectuer les réglages suivants :

  1. Renforcement du noir**
  2. Renforcement du bleu pour le ciel.
  3. Renforcement de la couleur orange pour la lune

Ces réglages sont extrêmement simples. La photo est ensuite transféré sur Photoshop.

** Ce réglage est en fait une préparation de la photo afin de faciliter le déplacement des arbres. 

 

La retouche sur Photoshop.
L’application permet aussi la gestion des couleurs, mais elle surtout performante dans la retouche entre autre la sélection et le déplacement d’une zone. Nous allons effectuer les réglages suivants :

  1. Sélection des arbres et déplacement vers le haut.
  2. Recadrage.
  3. Enregistrement.

Le tutoriel

Vous trouver ci-dessous le tutoriel qui indique la marche à suivre. Il se compose de toutes les copies d’écran ainsi que du fichier utilisé dans cet exercice afin que vous puissiez refaire vous-même ce tutoriel.

Cliquez sur ce lien pour accéder au tutoriel

Jean Claude ROMON

Copyright – Novembre 2017 – Reproduction des textes et des photos interdites sans l’autorisation de l’auteur.

 

 

Publié dans Photo numérique, Photo pour le web, Traitement numérique | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Actualité : Apple rejette le format Jpeg

Introduction

Dans son communiqué de presse de septembre 2017, Apple annonce l’arrivée du nouveau système d’exploitation, le iOS 10. Celui-ci peut être téléchargé et installé sur de nombreux iPhone, iPad ou iPod.  Apple annonce déjà un taux de 52% de mise à jour.

 

 Avec cette évolution, il place son nouveau format de fichier, le High Efficiency Image Format (HEIF dont l’extension sera “.heic”) et le positionne en mode par défaut, reléguant au second plan le format Jpeg. Ce nouveau format est sans conteste un beau progrès technique pour la qualité et la circulation des images, mais la stratégie d’Apple pose déjà un certain nombre de problèmes.

Les points positifs de ce format

Sans entrer dans des considérations techniques*, on peut dire que le format HEIF est une très belle évolution et remplacera le Jpeg, un format créé en 1980, qui ne correspond plus à la technicité des matériels d’aujourd’hui.

Pour faire simple, à qualité égale, ce nouveau format permet de diviser par 2 le poids du fichier. Il facilitera les téléchargements et les temps de transfert dans les réseaux sociaux. Il permet de choisir  “avec ou sans compression”.
Il embarque aussi :

  1. Les métadonnées.
  2. Les miniatures.
  3. Plusieurs fichiers correspondant par exemple à un mode rafale.
  4. De la vidéo.
  5. De l’audio.
  6. Des copies virtuelles comme celle générées par Lightroom.
  7. Des données sur la profondeur de champ : (voir mon article sur le sujet).
  8. Un niveau de couleurs 10 bits, utilisé par les photographes professionnels.

Ce format à été développé par le groupe de travail Mpeg : Moving Picture Experts Group. Il n’est pas, comme le Jpeg, libre de droit et les développeurs doivent s’acquitter d’une redevance. Il permet aussi à un fabricant de créer son propre format propriétaire et c’est ce dernier point qui risque de poser problème à beaucoup d’utilisateurs.

Les points négatifs : Business is Business

Avec l’arrivée du iOS 10, c’est bien la stratégie commerciale d’Apple qui est en cause car il impose le HEIF comme le format de fichier photo par défaut, sans aucune concertation avec les autres fabricants.

Ce format est une version HEIC modifiée, propriété d’Apple, ce qui sous entend que les entreprissent qui souhaitent l’utiliser devront peut-être passer des accords commerciaux avec Apple.

Aujourd’hui, les Ingénieurs d’Epson semblent incapables de répondre sur la manière dont vont évoluer leurs imprimantes. Les fabricants ou utilisateurs de matériels de tirages photos (laboratoires en ligne ou photographes) pensent que cette stratégie peut poser un véritable préjudice à leur activité. 

Le fait de placer ce format en mode par défaut aura pour conséquence son déploiement rapide à l’insu de tous les utilisateurs, puisque Apple, marketing oblige, ne communique pas sur les conséquences de ce choix. En effet toutes les photos seront en HEIF. Le Jpeg reste bien sûr dans l’OS, et l’utilisateur qui souhaite ce format devra effectuer le changement dans les paramètres. Le grand public étant très loin de ce type de considération ne fera pas la manipulation.

Les utilisateurs vont donc rencontrer un bon nombre de problème :

  1. Incompatibilité avec tous les logiciels actuels. Obligation de faire les mises à jour, souvent payantes.
  2. Incompatibilité avec les imprimantes actuelles.
  3. Sur Android, impossibilité de lire des photos provenant de iOS 10, sauf à effectuer une mise à jour, ce qui n’est pas toujours possible.
  4. Utilisation des bornes photos et transferts vers les laboratoires photo impossible dans un premier temps.
  5. Etc.

Toutes ces questions sont actuellement sans réponse.

Par ailleurs, des redevances devront probablement être payer à Apple pour intégrer ce format dans les applications. Le HEIC d’Apple est protégé par de nombreux brevets. Les petits développeurs rencontreront des difficultés juridiques et financières, ce qui limitera forcement le nombre d’applications disponibles sur le marché, laissant la place aux grandes entreprises.

Mon point de vue

La stratégie d’Apple n’est pas nouvelle. Déjà en 1984, Apple avait créé son propre format, le Pict (.pct), Mais ce format était devenu rapidement compatible avec les autres interfaces.

Dans le passé, certains groupes  ont adopté cette stratégie. Kodak, par exemple, une des plus importantes entreprises américaines de l’époque argentique, a lui aussi créé des formats propriétaires complètement fermés, comme par exemple le .pcd crée en 1990. (Photo-CD). Cette politique (entre autres) a isolé le fabricant qui n’existe plus aujourd’hui.

Aujourd’hui, quelle va être la stratégie de Microsoft, Google et autres fabricants à propos de la stratégie d’Apple qui veut imposer sa politique ? Apple ne détient que 13% du marché. Pour les smartphones, il risque même de perdre sa 2ème place face à Huawei.

Aura-t-il la possibilité d’accroître ses parts de marché grâce à ce type de politique ? A l’ère des réseaux sociaux, ou l’échange des données et photos est fondamental, Apple est-il assez puissant pour imposer sa stratégie ? L’avenir le dira et les consommateurs le décideront.

Jean Claude


Sources
Vous trouverez ci-dessous les liens pour accéder aux diverses informations citées dans cet article.
– Apple.com
– Procounter.com
– Lesnumeriques.com
– Wikipédia.org (Mpeg)
– Silicon.fr
– Wikipédia.org (HEIF)
– Forbes.com
Publié dans Actualité, Tous les articles | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

La profondeur de champ

 Menu :
Introduction
Comment fonctionne la profondeur de champ ?
Comment varie la profondeur de champ ?
Comment contrôler la profondeur de champ sur votre appareil ?
Influence du capteur
Le cas particulier de la macrophotographie
L’hyperfocale
Calculer une profondeur de champ précise
Un tableur sous Excel pour vous aider 


Introduction

En photographie, la  profondeur de champ (Pdc) est une zone de netteté qui se situe quelque part entre l’appareil photo et l’infini. Sa longueur peut être très faible, quelques millimètres ou très importante, plusieurs dizaines kilomètres.

C’est un élément fondamental de la prise de vue car elle donne à une photographie une grande force expressive. Elle  permet d’orienter le regard sur un détail précis d’une scène ou, au contraire, mettre en valeur toute l’étendue d’un sujet.

Comme le montre la série de photos ci-dessous, bien maîtriser cette fonction est primordial pour donner un sens à une photo. Ici les profondeurs de champ sont classées par ordre de grandeur.

*Cliquez sur les images pour les visualiser en haute résolution

Photo n°1
Ici la profondeur de champ ne mesure que quelques millimètres. Cela permet d’orienter le regard vers les gouttes d’eau situées au centre de la toile d’araignée.
Photo N°2
Sur cette photo, elle mesure quelques centimètres afin d’avoir net à la fois les pétales et le pistil de la fleur.
Photo N°3
Dans ce sous bois, elle mesure environ 1,50 mètre. De cette manière, on a un fond un peu moins flou, ce qui permet de placer le sujet dans son environnement.

Photo N°4
Ici, on a l’impression que le viaduc de Millau est parfaitement net. En fait non, un zoom sur la photo montre que seul le premier plan l’est. La profondeur de champ doit mesurer environ 10 mètres.
Photo N°5
Sur cette photo d’architecture intérieure, il était très important que l’ensemble soit parfaitement net, aussi bien l’escalier du premier plan que le fond de la salle situé à environ 30 mètres. 
Photo N°6
Dernier exemple avec cette photo classique de paysage ou la zone de netteté est très importante. Elle démarre à quelques mètres jusqu’à l’infini.

Généralement on s’intéresse à la profondeur de champ lorsqu’on veut apporter à une photo une certaine originalité via un arrière plan plus ou moins flou. Mais il est difficile de savoir quelle longueur va mesurer la profondeur de champ. Pour gérer correctement cette technique, il est nécessaire de bien comprendre son fonctionnement.

haut de la page

Comment fonctionne la profondeur de champ ?

Si l’on fait par exemple la mise au point à 3 mètres avec un objectif de 50 mm dont l’ouverture est réglée à f/5.6, ce n’est pas seulement la partie du sujet située à 3 m qui est nette mais toutes les parties situées entre 2m50 et 3m80.

La Pdc est donc une zone de netteté qui se situe entre deux points précis :

  1. Le PPN c’est à dire  le Premier Plan Net.
  2. Le DPN qui correspond au Dernier Plan Net.

(7) Le principe de la profondeur de champ.

Par rapport à la distance de mise au point (ligne rouge), la profondeur de champ va se diviser en deux parties :

  1. Une  zone avant qui correspond à environ 30% de la Pdc.
  2. Une zone arrière  à environ 70%.

Au moment de la prise de vue, il est donc essentiel de faire la mise au point sur le premier tiers de la scène. afin d’exploiter au mieux la Pdc.

* Une mise au point sur l’infini ou proche de l’infini ne répond à cette règle. 

Note technique :
Les Ppn et Dpn ne sont que des notions relatives car elles dépendent du degré de netteté exigé : en effet, dans ces zones, le sujet  va passer progressivement du net au flou.  Définir un plan net (Ppn ou Dpn) fait appel à un autre critère : le pouvoir séparateur autrement dit la résolution. en autre de l’œil. En photographie, cette donnée s’appelle le “Cercle de confusion” et doit être prise en compte dans les calculs de la Pdc : voir le dernier paragraphe sur ces modes de calcul.
haut de la page

Comment varie la profondeur de champ ?

Divers facteurs la font varier. On en retiendra trois :

  1. La distance focale de l’objectif.
  2. L’ouverture du diaphragme.
  3. La distance de mise au point c’est à dire la distance entre l’appareil et le sujet.

Le temps de pose, lui,  n’a aucune influence.

Note technique : 
Il existe un quatrième facteur qui fait évoluer la profondeur de champ. Elle se modifie aussi en fonction de la couverture (plus ou moins large) du capteur par l’objectif. On ne parle pas de cet élément car l’utilisateur ne peut pas le contrôler. Il peut éventuellement influencer un professionnel qui consultera les tests techniques, avant l’acquisition due son équipement.

Elle varie avec la distance focale de l’objectif

(8) Pour une même distance de mise au point et une même ouverture
la profondeur de champs passe de 3.90 m (50 mm) à 12 cm (250 mm)

Elle varie avec l’ouverture du diaphragme

(9) Pour une même focale et une même distance,
la profondeur de champ passe de 1,25 m (f/2) à 12 m (f/11).
Pour les ouvertures f/16 et f/22, on passe en hyperfocale, fonction expliquée plus bas.

Elle varie avec la distance de mise au point

(10) Pour une même focale et une même ouverture
la profondeur de champ passe de 15 cm (1 m) à 130 cm (3 m)
La profondeur de champ à évoluée 3 fois plus vite que la distance de mise au point.


Note technique :

C’est la distance de mise au point qui offre la plus grande précision et la  plus grande amplitude. Elle se modifie très rapidement car elle évolue comme le carré de la distance. 

En conclusion :

  1. Pour avoir la zone de netteté la plus courte possible, il faudra :
    • Etre le plus près possible du sujet
    • Utiliser la plus grande ouverture (c’est à dire la valeur la plus petit comme f/2.8)
    • Utiliser la focale la plus longue (**sauf dans certain cas, voir  la note technique)
  2. Pour avoir la zone de netteté la plus longue possible, il faudra :
    • Etre le plus loin possible du sujet
    • Utiliser la plus petite ouverture (c’est à dire la valeur la plus grande comme f/16)
    • Utiliser la focale la plus courte.
Note technique :
En pratique, il n’est pas possible de faire une prise de vue à une très courte distance avec un téléobjectif. Dans ce cas, on préférera une optique avec une focale plus courte qui permettra une prise de vue rapprochée, ce qui contredit  cette explication**.
En fait , le simple fait de s’approcher réduit considérablement la zone de netteté, bien plus qu’en agissant la focale.
haut de la page

Comment contrôler la Pdc sur votre appareil photo ?

En principe, le diagramme de la profondeur de champ apparaît sur les écrans des appareils numériques. Il s’affiche en permanence avec le mode de mise au point manuel ou juste après la mesure de l’autofocus.

Voici un exemple avec le Fuji X100. L’écran affiche :

  • L’échelle des distances.
  • Le plan de mise au point : trait rouge. (distance appareil – sujet)
  • Le PPN : Premier Plan Net qui correspond à la limite gauche du rectangle blanc.
  • Le DPN : Dernier Plan Net, limite située à droite.
  • La longueur approximative de la profondeur de champ : rectangle blanc
  • Le ratio 1/3 – 2/3 par rapport au plan de mise au point.

(11) Avec une focale de 38 mm ouvert à f/16 et une mise au point à 50 cm, la profondeur de champ sera d’environ 40 cm (de 0,40 à 0,80)

 

(12) Avec une focale de 38 mm ouvert à f/16 et une mise au point à 2,80 m, la profondeur de champ sera d’environ 3 m (de 1,90 à 4,90)

Note technique :
En comparant les deux graphique ci-dessous, vous remarquerez que pour un modification du plan de mise au point de 2,30 mètres, la profondeur de champ évolue elle de 3 mètres. C’est bien la confirmation que c’est la distance de mise au point qui gère la plus grande partie de la Pdc car elle évolue comme le carré de la distance.

Le diagramme permet de contrôler la profondeur de champ car il est difficile de la visualiser sur un écran sauf s’il dispose d’une très bonne résolution. Dans ce cas là, vous pouvez vous aider d’une loupe pour contrôler le Ppn et le Dpn. La méthode est très efficace.

Note de l’auteur :
Dans le passé (année 90), on utilisait des oculaires pour contrôler la profondeur de champ sur le verre dépoli des chambres photographiques
haut de la page

Influence du capteur

Le contrôle de la Pdc sera facile pour certain, difficile ou totalement impossible pour d’autre. Tout dépend du type d’équipement numérique.

Sur le visuel N° 8, on voit que plus la focale est courte, plus la Pdc est importante. On peut même dire que son évolution est exponentielle puisque entre un 90 mm et un 50 mm, elle passe de 1,20 m à 3,65 m.
Avec les APN, le problème provient de la dimension du capteur car plus celui-ci est petit, plus la focale est courte, plus la gestion de la Pdc est difficile.

  Si on se réfère à l’article que j’ai écris sur les dimensions des capteurs, on peut évaluer les performances suivantes :

  • Avec une optique de 7 mm (capteur 1/2.3), la profondeur de champ sera tellement grande qu’il est pratiquement impossible d’avoir un arrière plan flou.
  • Avec une optique de 31 mm (capteur Aps C), les possibilités sont beaucoup importantes, sans toutefois atteindre la précision des formats 24 x 36 mm (capteur ou argentique).
Note de l’auteur :
Ce dernier point est une des raisons pour lesquelles les professionnels sont arrivés tardivement sur le numérique. Les premiers appareils numériques ayant de petit capteur, le réglage de la profondeur de champ était très difficile. Or cette fonction est fondamentale pour les pro qui ont du attendre l’arrivée des capteurs 24 x 36 mm.
haut de la page

Le cas particulier de la macrophotographie

En macrophotographie, la profondeur de champ est très très faible. Sur la table fournie par Olympus pour son optique macro de 60 mm, on voit toutes les contraintes de ce type prise de vue

(13) Table de Pdc pour l’optique Macro 60 mm d’Olympus

Quelques commentaires sur ce tableau :

  • Prise de vue à 19 cm (1ère colonne) : on voit que la profondeur de champ est de 2mm, mais surtout qu’elle n’évolue pas avec l’ouverture. En fait, son évolution est tellement faible que l’on considère qu’elle n’évolue pas.
  • Prise de vue à 30 cm (2ème colonne) : la profondeur de champ est de 2 mm à f/2.8 mais et de 12 mm à f/22 . On gagne 10 mm.

En fonction du sujet que vous photographiez, vous aurez peut-être intérêt de reculer votre appareil de quelques cm afin de gagner Pdc. Vous pouvez ensuite rattraper la perte de grossissement via un agrandissement de l’image. 

haut de la page

L’hyperfocale

L’hyperfocale est une particularité de la profondeur de champ bien connu des professionnels.  Il s’agit d’un réglage précis de la mise au point qui permet d’étendre la profondeur de champ jusqu’à l’infini.

(14) Principe de l’hyperfocale

Pour mettre votre profondeur de champ en hyperfocale, il suffit de placer le DPN sur l’infini et non pas la distance de mise au point :

  • Si vous placez le plan de mise au point (trait rouge) sur l’infini, vous n’aurez que 30 % de marge sur  la zone avant c’est à dire trèspeu de Pdc
  • Au contraire, si vous placez le Dpn sur l’infini vous augmentez de manière considérable votre mise au point. Faites le test sur votre diagramme

Sur le visuel N°9, on voit que pour une ouverture de f/16 la zone de netteté est de 2,50 à l’infini.

Nous sommes alors en Hyperfocale et si le sujet se trouve entre le PPN et DPN, il sera automatiquement net. Dans ces conditions, ce n’est plus la peine de faire votre mise au point, ni utiliser votre autofocus.

Vous gagnez alors en vitesse de prise de vue, c’est une situation parfaite pour les photos de sport, de nuit, de constellation, derrière une vitre, etc.

haut de la page

Calculer une profondeur de champ précise.

Pour ceux qui veulent allez plus loin et calculer de manière précise une profondeur de champ en fonction de leur matériel, je vous livre ici les formules et la méthode*.

*Au paragraphe suivant vous trouverez un fichier Excel pour automatiser vos calculs.

Préalable

Pour calculer soi-même la profondeur de champ de son équipement, il faut prendre en compte 4 critères :

  1. La focale de l’objectif.
  2. L’ouverture.
  3. La distance de mise au point.
  4. Le cercle de confusion.

Si les 3 premiers critères ne posent pas question, il n’en n’est pas de même pour le cercle de confusion.

Calculer une Pdc consiste à mesurer la distance en deux points le premier plan net (Ppn) et le dernier plan net (Dpn). Mais comment définir ces deux points lorsque le sujet passe progressivement du net au flou ? C’est la fonction du “Cercle de confusion” que l’on va trouver dans les formules. Sans lui impossible de trouver les 2 points et de calculer la Pdc.

Pour schématiser,  le cercle de confusion comprend l’ensemble des résolutions (ou pouvoir séparateur) de la chaîne comme l’objectif, le capteur, l’œil, etc.

Pour plus de simplicité dans nos calculs, on va prendre la valeur standard du 24×36 mm soit 0.03 mm. Cette valeur correspond à la dimension que doit avoir un point afin qu’il corresponde au pouvoir séparateur de l’œil. 
Cette valeur étant très proche des valeurs correspondantes aux capteurs, l’incidence sur les résultats sera donc très limités.

La méthode

Le calcul d’une profondeur de champ se fera en 4 étapes :

  1. Calcul de l’hyperfocale dont la formule est :
  2. Calcul du Ppn  :
  3. Calcul du Dpn :
  4. Calcul de la profondeur de champs :
  • H = Hyperfocale
  • F =  Focale de l’objectif
  • n = Ouverture de l’objectif
  • e =  Cercle de confusion (valeur standard : 0.03 mm)
  • Ppn = Premier Plan Net
  • Dpn = Dernier plan Net
  • p = Distance de Mise au point
  • PDC = Profondeur de champ

Un exemple

Imaginons une prise de vue réalisée avec un appareil Fuji X100 équipé d’une optique fixe  de 38 mm. Je souhaite connaitre la profondeur de champ d’une prise de vue réalisée à 3 mètres à f/8.

Le résultat étant exprimé en mètre, il est nécessaire de tout convertir à cette mesure :

Optique  38 mm = 0.038 m
Distance de mise au point = 3 m
Ouverture f/8
Cercle de confusion 0.03 = 0.0003 m


Etape 1
Calcul de l’hyperfocale

(0.038 x 0.038) / (8 x 0.00003)
soit : 0.00144 / 0.00024 = 6
La distance de l’hyperfocale est donc de 6 mètres

Note technique :
Si dans ces conditions (38 mm à f/8), nous faisons  la mise au point à 6 mètres, l’image sera nette de 3 mètres (6 /2) à l’infini.

Etape 2
Calcul du PPN

(6 x 3) / 6 + (3 – 0.038)
soit : 18 / (6 + 2.962)
soit : 18 / 8.96 =2.01
Le premier plan net est à 2.01 mètres


Etape 3
Calcul du DPN

(6 x 3) / 6 -(3 – 0.038)
soit : 18 / (6 – 2.962)
soit : 18 /30.38 =5.91
Le dernier plan net est à 5,91 mètres


Etape 4
Calcul de la profondeur de champ

5.90 – 2.01 = 3.89 mètres

haut de la page

Un tableur sous Excel pour vous aider

Je comprend très bien que tous ces calculs soient fastidieux. Je vous ai donc préparé un fichier Excel contenant l’ensemble des formules. Il vous suffit d’entrez les paramètres de votre prise de vue pour avoir, immédiatement, la profondeur de champ exacte.

Il est important d’entrer des valeurs cohérentes*, correspondant au condition de votre prise de vue.

*Si vous entrez par exemple une prise de vue à 1 mètre avec un 300 mm, la profondeur de champ sera de 00 : cette prise de vue n’est pas réalisable.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Téléchargez le fichier ici

haut de la page

Jean Claude ROMON

Copyright – Novembre 2017 – Reproduction des textes et des photos interdites sans l’autorisation de l’auteur.

 

Publié dans Prises de vue, Tous les articles | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Cyberattaques : comment protéger vos photos ?

Introduction

Récemment, les médias ont largement relayé les attaques de Ransonwares, ces applications qui demandent une rançon. Si les entreprises disposent de compétences informatiques de haut niveau et peuvent se sortir (parfois) de cette situation, ce n’est pas le cas du particulier qui se retrouve fort démuni face à ce type de problème.

(Sur ce sujet, le gouvernement vient de mettre en place un site de prévention et d’assistance du risque numérique)

Perdre des années de photographie, l’histoire de sa famille serait une véritable catastrophe. Une situation qui n’est même pas envisageable !

Le risque

Les cyber-attaques peuvent faire d’importants dégâts, notamment entrer dans votre réseau personnel, s’y propager et par exemple crypter toutes les données qui deviennent alors inaccessibles. Cela vaut pour tous les matériels y compris vos disques durs externes.

En conclusion, si vos sauvegardes sont stockées sur des disques durs, eux-mêmes connectés à votre réseau, vous n’êtes absolument pas protégé.

Ces problèmes de sécurité ne se limitent pas à la détérioration de vos fichiers, mais concerne aussi vos données sensibles, mot de passe des comptes google ou autres qui hébergent  Numéro de Carte de crédit. Le risque s’amplifie avec l’avènement des terminaux mobiles et le développement de la 4G qui ont transformé la façon d’utiliser Internet. La menace est bien réelle, avec pour preuve les mésaventures de certains grands groupes impactés par ces problèmes.

Se préserver de ces attaques passe par deux types d’actions :

  1. D’une manière générale, être un internaute vigilant en prenant quelques mesure très simples.  (Vous trouverez à la fin de l’article une liste de conseils sur ce qu’il faut faire et ne pas faire)
  2. Mettre en réelle sécurité ses données sensibles, l’objet de ce post.

Comment mettre en sécurité ses données.

Le seul moyen de mettre en sécurité ses données généalogiques est  de les placer sur un disque dur externe, lui-même déconnecté du réseau.

Le seul point à gérer est la mise à jour de ces données car copier l’intégralité de la base  peut prendre du temps. Si vous décidez de placer l’ensemble de vos archives photos personnelles,  votre dossier est susceptible d’atteindre plusieurs centaines de Go, soit plusieurs heures de transfert : une raison suffisante pour que les sauvegardes ne soient pas faites régulièrement.

Il est donc nécessaire d’utiliser une application pour faire ce travail.  Elle le facilitera en permettant des sauvegardes fiables et rapides. Mais choisir des logiciels de ce type n’est pas toujours facile. Eux-mêmes peuvent contenir des agents indésirables.

Logiciel Syncbackfree de 2brightparks – Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Il y a donc lieu d’être très vigilant. Voici comment je procède :

  1. Je ne télécharge jamais de logiciels sur les plateformes de téléchargement.
  2. Je cherche toujours le site source c’est à dire celui de la société qui a conçu le logiciel.
  3. Je vérifie la qualité du site web. Compte tenu des coûts de conception, c’est toujours un gage de sérieux.
  4. Je vérifie les références clients et non pas les avis qui sont souvent sujet à caution.

Personnellement, j’ai choisi** la société : 2brightsparks et leur application Syncback qui existe en version freeware et en français. La mise à jour ne prendra que quelques minutes car seuls les nouveaux fichiers  (modifiés) sont transférés.

Vous trouverez ici un didacticiel complet pour paramétrer
le logiciel de sauvegarde SyncBackFree

** Je n’ai aucune relation avec cette entreprise. Il s’agit ici d’un simple retour d’expérience et les informations données n’ont rien de contractuelles. Il existe beaucoup d’autres applications, gratuites ou payantes.

Jean Claude ROMON

 

Copyright - Août 2017 -
Reproduction des textes et des photos interdites sans l'autorisation de l'auteur

Sources :
Logiciel de sauvegarde : https://www.2brightsparks.com/
Gestionnaire de mots de passe : https://keepass.fr/
Prévention et assistance : https://www.cybermalveillance.gouv.fr/

Ici, je sors un peu du contexte des techniques photo, mais ayant été, dans le passé, formateur pour les photographes professionnels, j’ai souvent abordé  ces problèmes de sécurité. Voici, selon moi, les comportements à avoir :
– Ne pas placer sur votre réseau des équipements d’ancienne génération comme Windows XP. Ils ne disposent plus de suivi technique et sont de véritables autoroutes pour les Hackers.
– Faire systématiquement les mises à jour, le mieux étant de les mettre en mode automatique.
– Attention à vos mots de passe. Personnellement, j’utilise un mot de passe comme celui-ci UmHCLs17BDmOMWPjTNiE.  Grâce à un logiciel spécialisé (gratuit) je génère un mot de passe pour chaque inscription sur un site internet. Si un site se fait voler des données, je n’ai aucun risque qu’elles soient utilisées ailleurs puisque l’information est unique.
– Dans un mail (ou Sms), ne jamais cliquer sur un lien (ou télécharger un fichier) si vous n’êtes pas absolument sûr et certain de son origine. (Un exemple : Vous recevez un message de votre banque avec un lien. Ne cliquez pas dessus mais connectez-vous via votre procédure habituelle)
– Etre très prudent lors des connexions WIFI publique.
– Attention avec vos téléphones mobiles. Lorsqu’ils sont connectés à un réseau, ils représentent un point d’entrée peu sécurisé.
– Etre très prudent lors d’installation de logiciel. Préférez toujours les sites d’origines et non les plateformes de téléchargement.
– Suivez les conseils du site site de prévention et d’assistance 
Publié dans Méthode, Sécurité, Tous les articles | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Tirage couleurs : comment éviter la déception ?

Cet article est réservé aux photographes confirmés, experts ou pro.
– Introduction
– L’incidence des prises de vue sur le résultat couleurs.
– Comment se comporte les photos face à une dominante ?
– Cas particulier : les tableaux & aquarelles
– Solutions & méthodes

Introduction

Vous avez sélectionné vos meilleures photos et vous avez passé une commande à un laboratoire pour avoir des tirages papier. A la réception, c’est la déception car le résultat ne correspond pas à votre attente. Les couleurs sont très différentes de celles que vous aviez à l’écran.

Dans le temps, il est pratiquement impossible de reproduire à l’identique une photo couleurs, surtout si les supports ou les laboratoires sont différents. Seul les traitements professionnels le permettent. On comprend bien que dans une publicité, le produit doit avoir les mêmes couleurs que l’original. Cette exigence à un coût important qui ne peut pas être supporté par le grand public.

Le problème couleurs n’apparaît pas toujours clairement sur un écran, ceci pour diverses raisons : qualité du matériel, vieillissement de l’écran, réglage, calibration, etc. La question de la bonne reproduction des couleurs se pose donc uniquement pour les tirages papier, ceci d’autant plus que le résultat obtenu est définitif.

Mais parfois les dominantes sont inévitables. La déception intervient car on n’a pas su les anticiper. Sur l’ensemble de ce sujet, cet article apporte des explications et des solutions.
Il est divisé en deux parties :

  1. La première explique l’incidence des prises de vue et du matériel  sur le résultat couleurs.
  2. La seconde permet de comprendre le comportement d’une photo face à une dominante.
Haut de la page

L’incidence des prises de vue et du matériel sur le résultat couleur.

On identifie essentiellement trois grandes causes pouvant altérer le résultat final :

Le type de prise de vue
Une prise vue peut générer un déséquilibre couleurs. La lumière artificielle ou le coucher de soleil sont de bons exemples. Dans les deux cas la dominante est jaune orangée. Si elle est acceptable pour le coucher de soleil, elle ne l’est pas pour la lumière artificielle. Pourtant il faudra bien accepter ce résultat car le laboratoire ne pourra absolument pas rectifier les couleurs.

Le changement de la balance des blancs ne changera rien au problème qui est du à un mauvaise composition de la lumière. (pour rappel, les capteurs et films photo sont équilibrés pour la lumière naturelle)

Un mauvais réglage de l’appareil photo ou une mauvaise retouche en post-production.
Il en est de même lors d’un mauvais réglage de l’appareil photo. En post production, un écran mal calibré pourrait être la source d’une mauvaise retouche.  Si vous souhaitez des tirages de bonne qualité, il vous appartient donc de vérifier vos équipements pour éviter de sortir des normes du laboratoire. Ici non plus, ce dernier ne pourra pas rectifier les couleurs. 

Le laboratoire qui a réalise le tirage.
Il existe deux types de laboratoire, l’industriel et l’artisanal.
Un laboratoire industriel peut traiter des dizaines de milliers de photos par jour. Dans ces conditions aucune vérification individuelle n’est possible. Les techniciens font une calibration de la production chaque matin et surveillent les flux de manière que ceux-ci ne sortent pas des standards. Vos photos doivent donc être dans la normalité et vous devez être prêts à accepter quelques différences, y compris entre deux photos prises au même instant. En contre partie le prix est très intéressant.

Le laboratoire artisanal, très souvent une boutique photo, ne traite que quelques centaines de photos par jour. Le contrôle est individualisé, on peut donc s’attendre à une meilleure qualité. Le prix est plus élevé.

Mais au final, dans ces deux cas, la qualité des photos dépend surtout du niveau de compétence du technicien ou du photographe. Le laboratoire artisanal a la possibilité d’être bien meilleur que l’industriel, à condition que l’opérateur ait les compétences nécessaires pour gérer ce type de production.  En comparant les labos  les uns aux autres, on trouvera aussi de grandes différences provenant des caractéristiques techniques des matériels, papiers ou encres qui sont issus de  différents fournisseurs.

Le choix du laboratoire est donc primordial. Pour cette raison, je vous conseillerai de garder toujours le même laboratoire. Une fois sélectionné, il serait aussi judicieux d’effectuer une première commande avec un panel de photos représentant des vues très précises (comme expliqué plus bas). Cela permettra de définir une tendance couleur qui sera éventuellement corrigée pour mieux correspondre à votre attente. 

Au fil des jours, les productions sont linéaires et assez stables. Mais attention, toutes les photos ne se comportent pas de la même façon, certaines sont sensibles aux variations couleurs, d’autre non.

Haut de la page

Comment se comporte une photo
face à une dominante ?

Toutes les photos ne sont pas logées à la même enseigne. La densité, la luminance des couleurs ou le contraste des photos jouent un grand rôle dans les variations couleurs. Pour comprendre ces mécanismes vous trouverez ci-dessous un certain nombre d’exemples.

Le point de départ de ce test est un gris neutre sur lequel j’ai appliqué une dominante magenta de 8 points soit environ 3%. J’ai volontairement choisi cette couleur car inexistante dans la nature, elle est facilement perceptible.
Appliquée sur un gris neutre, (qui par définition est une absence de couleur), la différence est bien visible.

Note : pour que ce test soit crédible, la même dominante a été appliquée sur toutes les photos situées à droite.  Attention aux écrans, ils peuvent modifier les couleurs, rendant ainsi plus difficile la perception des différences.

Premier exemple

Dans cet exemple , vous trouverez 3 séries de 2 photos. Celles de gauche (n° 1, 3 et 5) sont les photos sources, celles de droite ont reçu les 3% de magenta.

Photo 1 / Photo 2
Photo 3 / Photo 4
Photo 5 / Photo 6

La luminance et le contraste de la photo 5 lui a permis de supporter l’ajout de magenta (photo 6)

Les photos du lac et du village lacustre se caractérisent par l’absence de couleur. Le gris occupe une grande partie de l’image. Ces photos sont très sensibles aux variations couleurs. Le magenta est donc très nettement visible, altérant la qualité de la photo

Par contre, la modification de la photo 6 est très légère. Elle garde une bonne qualité générale. La présence de couleurs vives ont limité fortement la dérive couleurs.

Second exemple

Voici deux séries de quatre photos qui ont été conçu de la façon suivante :

  1. La photo N°1 : fichier source
  2. La photo N°2 : fichier source + 3% de magenta
  3. La photo N°3 : fichier source + traitement augmentant la densité et la luminance des couleurs
  4. La photo N°4 : photo n°3 + 3% de magenta.

Photo 1 / Photo 2
Photo 3 / Photo 4

 L’augmentation de la luminance des couleurs sur la photo n°4
a fortement réduit la perception du magenta.

Photo 1 / Photo 2
Photo 3 / Photo 4

Ici aussi, la photo n°4 comparée à la n°2, ne s’est presque pas modifiée suite à l’application du magenta.

Cette deuxième série de 4 photos représentant le Rhin, confirme la série Papillon, ci-dessus. L’image n°3 ayant été modifiée en post production pour avoir des couleurs plus profondes, celle-ci a bien résisté à l’ajout du magenta (photo°4) 

Haut de la page

Cas particulier

Abordons maintenant les cas particuliers  des tableaux ou des aquarelles. La reproduction de ce type de sujet est un exercice très difficile. En dehors d’une approche professionnelle, il est pratiquement impossible d’obtenir une copie conforme de toutes les tendances couleurs du document. Le jaune sera par exemple bien reproduit alors que le bleu  ne le sera pas. Sans entrer dans le détail, ce phénomène est du à l’espace couleurs qui n’est pas le même sur l’aquarelle et sur la photo. Le choix d’un laboratoire local est donc primordial. Il vous permettra  d’expliquer à l’opérateur vos exigences. Celui-ci pourra alors vous proposer plusieurs solutions avant de procéder au tirage définitif. (méthode indispensable en cas d’une série de plusieurs exemplaires)

Haut de la page

 

Solutions & méthodes

On vient de le voir, face aux dominantes, toutes les photos ne se comportent pas de la même façon. Les solutions à mettre en place sont fonctions de vos exigences et de la typologie des photos :

  • Lorsque la prise de vue est réalisée en lumière artificielle, vous devrez en accepter le résultat car aucune amélioration n’est réellement possible.
  • Lorsque vos photos sont constituées de couleurs vives et contrastées,  celles-ci résisteront plus facilement à toutes dérives couleurs. La qualité sera au rendez-vous. Il faut savoir qu’il est extrêmement facile d’obtenir un bon tirage à partir d’une bonne photo. (une évidence parfois oubliée)
  • Lorsque vos photos représentent un sujet dont les couleurs sont pastels ou avec une majorité de gris, celle-ci seront alors très sensibles aux dérives. En fonction de vos exigences, il serait judicieux d’envoyer quelques exemplaires afin de s’assurer du résultat. 
  • Comme on le voit avec la série papillon, augmenter la luminance (l’éclat) d’une couleur constitue une très bonne solution pour éviter les dominantes. 
  • Les laboratoires photo, industriel ou artisanal, ont des niveaux de qualité très variable. Sélectionnez  quelques photos sensibles à la variation couleurs (exemple 1) pour les tester. Vous trouverez très vite le meilleur.
  • Pour les reproductions de tableaux ou d’aquarelles, insérez sur le coté un gris neutre afin d’aider l’opérateur dans ses réglages. Préférez le contact direct avec le technicien du laboratoire.
    Haut de la page

Jean-Claude ROMON

(respectez les droits d’auteur)
Copyright août 2017 –Copie des textes et des images est interdit sans l’autorisation de l’auteur.
Source :
Photo de l’aquarelle  : Pixabay.com

 

Publié dans Méthode, Tirage papier, Tous les articles | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Gérer la densité des photos avec les modes d’analyse de luminosité.


Le mode d’analyse “Moyenne générale”
Le mode d’analyse “Prépondérance centrale”
Le mode d’analyse “Spot”
Le mode d’analyse “Intelligent”
Ce que propose les fabricants
 

Introduction

Note : Pour comprendre l’incidence de chaque mode sur le résultat, les photos présentées dans cet article n’ont subit aucune modification.

Pour obtenir une bonne photo, la plupart d’entre nous utilisent une exposition automatique comme  Program, Priorité Vitesse ou Ouverture. Mais parfois la densité n’est pas au rendez vous, la photo est soit trop claire soit trop foncée.  C’est le mode d’analyse de la luminosité choisi qui est très souvent responsable de ce problème. 

Il y bien sûr d’autres fonctions comme la correction d’exposition ou le réglage de la dynamique du capteur qui agissent sur la densité finale de la photo. mais cet article ne traitera que du mode d’analyse de la luminosité

Haut de la page

Les fondamentaux 

Les fabricants s’ingéniant à trouver toujours de nouvelles méthodes ou de nouvelle appellation, il  est parfois difficile de savoir à quoi correspond telle ou telle fonction, d’ou l’importance de revenir aux fondamentaux avec ces deux rappels techniques.

  1. A moins de rechercher un effet particulier, en photographie, on prend toujours un temps de pose sur les ombres.
  2. Le choix d’un mode d’analyse adapté au sujet permet d’obtenir immédiatement une photo correcte. Si vous utilisez le format Raw, le choix du mode n’a pas vraiment d’importance, en dehors du gain de temps qu’il apportera dans la phase de post-production.

Aujourd’hui, on distingue essentiellement 4 modes d’analyse qui sont :

  1. Le mode d’analyse “Moyenne générale”
  2. Le mode d’analyse “Prépondérance centrale”
  3. Le mode d’analyse “Spot”
  4. Le mode d’analyse “Intelligent”
Haut de la page

Le mode ” Moyenne Générale de l’image”

Le mode analyse “Moyenne générale” utilise un principe simple. L’appareil fait une moyenne générale de la luminosité de l’ensemble de la photo et calcule le temps d’exposition. C’est le mode le plus ancien, en argentique le photographe avait l’habitude de compenser manuellement le réglage en fonction du sujet.

Aujourd’hui ce mode existe encore sur certain appareil comme le Fuji x100.

Ce mode est performant. L’exposition est très précise pour les sujets  dont la luminosité est uniforme comme le montre la photo de gauche ci-dessous.

Photo de droite : Le mode “Moyenne générale” a été utilisé donnant à la photo une densité parfaite.
Photo de gauche : influencé par la zone d’ombre, le calculateur donne une photo trop claire ou trop dense.

Ce mode a aussi ses limites. Sur photo de droite, le cloître est trop clair alors que les piliers de la galerie sont trop sombres. Cela s’explique par la surface des ombres qui est beaucoup importante que celle des hautes lumières. Le calculateur ne peut pas trouver la bonne exposition. Il aurait été préférable d’utiliser le mode à Prépondérance centrale ou le mode Intelligent.

Haut de la page

Le mode ” Prépondérance centrale”

Le mode à prépondérance centrale est un dérivé de l’analyse moyenne ci-dessus. L’appareil fait une moyenne sur toute la photo mais optimise le centre de l’image.

Dans le comparatif ci-dessous, alors que photos sont assez similaire, Le sujet de la photo de gauche est parfaitement bien exposé, alors que pour la photo de droite, la luminosité des vitraux a influencé le calculateur en donnant un résultat trop dense.

Comparaison entre deux modes d’analyse, Prépondérance centrale à gauche, Moyenne générale à droite

Ce mode est utile chaque fois que le sujet principal reçoit un éclairement plus ou moins important par rapport au reste de l’image. Les photos de concert sont un bon exemple.

Haut de la page

Le mode spot

Ce mode fonctionne de manière très  simple, puisqu’il prend un point très précis de l’image pour calculer le temps de pose.

Il doit être utilisé avec une grande prudence et pour des sujets très particuliers.

L’exemple -ci dessous montre que l’incidence de ce mode peut-être très importante en fonction du point choisi sur l’image.

Ici, le mode spot à été utilisé. Le point de mesure de la luminosité est défini par la croix rouge.

 On le voit sur ces trois exemples, la zone mesurée est très bien exposée, ce qui n’est pas le cas de la photo dans son ensemble. Ce mode est très sensible, un simple décalage peut avoir de lourde conséquence sur la densité. Il doit être utilisé, le plus souvent avec un pied, pour mettre en valeur une zone très précise.

Haut de la page

Le mode intelligent


Ce mode est assez récent, apparu avec la photo numérique, il utilise des algorithmes de traitement d’image. Ces mini programme sont capable d’analyser une typologie du sujet.  Composition de l’image, couleurs et luminosité sont pris en compte pour déterminer le temps d’exposition

C’est la méthode d’analyse la plus performante et qui doit être utilisée en priorité. Vous devriez faire jusqu’à 90% de vos photos avec ce mode. Les photos ci-dessous montrent la diversité des sujets qui peut être photographié vie le mode intelligent.

Mais attention, l’intelligence artificielle a ses limites. Il peut être parfois nécessaire de changer de mode en fonction des explications données ci-dessus.

Haut de la page

Ce que propose les fabricants

Les fabricants ont leur propre politique en la matière.

Chacun a ses propres appellations. Par exemple, le mode d’analyse “Intelligent” sera nommé différemment selon les constructeurs :

  1. Mode d’analyse Évaluative pour le Canon EOS 80D
  2. Mode Mesure ESP numérique pour l’Olympus E M10
  3. Mode Multi pour le Fuji X100
  4. Mode d’analyse matriciel pour le Nikon D7000

Par ailleurs, les fabricants proposent un panel de solution très différent. On ne trouve pas les solutions qui ont été expliquées ici sur tous les modèles. Deux exemples

  1. Le  Fuji x100  ne propose pas de Prépondérance centrale.
  2. Le Nikon D7000  ne propose pas de Mode d’analyse Moyenne.

Enfin, chacun crée de nouveaux modes qui  sont souvent des évolutions d’un des 4 modes expliqués plus haut. Deux autres exemples:

  1. Le Nikon 7500 ajoute une prépondérance centrale Haute lumière qui améliore ces dernières
  2. L’Olympus E M10 propose 3 modes Spot appelés : Mesure ponctuelle, Mesure Ponctuelle Haute lumière et Mesure Ponctuelle Ombres.

Il convient donc de consulter le mode d’emploi de son appareil photo afin de vérifier les termes et les fonctions proposés par les fabricants.

Inutile de préciser que le risque d’erreur est proportionnel aux nombres de solutions proposées. Il arrive souvent que, par mégarde, le mode d’analyse soit modifié, il est donc important de le vérifier de temps en temps..

Haut de la page

 

Jean-Claude ROMON

(respectez les droits d’auteur)
Copyright août 2017 –Copie des textes et des images est interdit sans l’autorisation de l’auteur.
Sources :
pour écrire cet article,  j’ai utilisé les manuels des appareils suivants :
– Canon EOS 80D, 
– Olympus E-M10 Mark_II
– Nikon D5 —  D7000 — D7500 
— Fuji x100
Publié dans Photo numérique, Prises de vue, Tous les articles | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire