Formation labo : vos premiers tirages Noir et Blanc.

Note de l’auteur :
Dans cette formation, je conseille les sociétés Ilford et Paterson C’est un point de vue tout à fait personnel, lié au fait que j’apprécie ces marques, sans plus.

Introduction

La mode est au vintage, vous êtes attirés par la photo Noir et Blanc mais vous ne trouvez aucune solution de tirage abordable chez les professionnels. Vous projetez donc d’installer chez vous un laboratoire Noir et Blanc.
Vous trouverez ici un guide très complet qui aborde tous les aspects de ce projet, de l’installation aux méthodes de travail, en laissant les grandes théories de coté.

Un tirage Noir et Blanc

Contenu de la formation 

  1. L’installation du laboratoire
  2. Les papiers
  3. Les produits chimiques
  4. Le développement négatif
  5. Le tirage : principes et préparation
  6. La technique du tirage N & B

 

1- L’installation du laboratoire

A- Choisir son local

Pour une utilisation tout à fait occasionnelle, beaucoup d’endroits peuvent parfaitement convenir mais si vous avez de l’espace, il est préférable d’avoir une pièce dédiée. Aucune lumière blanche ne doit pouvoir y pénétrer,  vous devez donc faire attention aux lumières parasites provenant des portes ou fenêtres. Attention aussi aux personnes qui peuvent entrer dans le labo, surtout lorsque vous chargez un film. (cela arrive plus souvent que l’on ne pense)

  • Sol, mur et plafond : inutile de les peindre en noir mais évitez les peintures brillantes.Attention à la lumière blanche dans un labo NB
  • Aération : le local doit être parfaitement ventilé au regard de la toxicité des produits chimiques.
  • Installation électrique : un laboratoire est par définition une pièce humide et toutes les précautions doivent être prises.
  • Alimentation de l’eau : contrairement à ce que l’on peut penser, elle n’est pas absolument nécessaire dans un labo. Le lavage des films et photos peut se faire dans une autre pièce.
  • Éclairage : vous devez prévoir deux types de lumières : blanche et Inactinique. Chacune doit être commandée par un interrupteur qui doit être le plus proche possible de l’agrandisseur. La lampe inactinique doit être placée assez loin de ce dernier pour éviter tout problème de voile sur les papiers.
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B- Le matériel
Voici la liste de matériels que vous devriez prévoir pour l’installation d’un laboratoire.

Note :
Les prix  indiqués ci-dessous sont approximatifs. Ils ont été relevés sur des sites de vente en ligne, en janvier 2018. La plupart des accessoires cités se trouve sur le marché d’occasion, ce qui réduit considérablement le coût d’installation.
Kit de développement Paterson

Kit de développement proposé par Paterson

Développement film

– Une cuve patterson (environ 35,00 €).
– 2 brocs gradués de 1L (env. 20,00 €).
– Un thermomètre (env. 10,00 €).
– Des pinces film inox (env. 9,00 € les 2).
– Un pince essoreuse (env. 12,00 €).
– 2 Bidons opaques, type accordéon, pour produits photographiques (env. 14,00 €).

ainsi que une peau de chamois véritable, un entonnoir et un minuteur, soit un budget total d’environ 110,00 €.

Le tirage papier 

– Un agrandisseur. Pièce maîtresse, j’y consacre un paragraphe entier.
– Un éclairage labo : une simple lampe inactinique suffit (env. 20,00€ ).
– 3 cuvettes 24 x 30 cm (env. 24,00 €).
– 2 pinces papier inox (env. 16,00 €).
– 2 bidons opaques, type accordéons,  (env. 14,00 €).
– Un margeur ou un plateau de cadrage..
– Filtres multigrades  (de la même marque que le papier utilisé, env. 40,00 €).
– Une loupe (un scoponet à 50,00 € ou une simple loupe).
– Un massicot (env. 30,00 €).
– Compte pose ou une horloge qui affiche les secondes (attention à l’éclairage des Leds).

sans oublier gants et chiffon antistatique, soit un budget d’environ 150 € (non compris l’agrandisseur).

Agrandisseur Noir et Blanc

On trouve des agrandisseurs occasions à partir de 50,00 €
Le modèle présenté ici est un Paterson.

L’agrandisseur 
C’est évidement l’élément principal du laboratoire. Les modèles neufs étant très onéreux, il me paraît plus opportun de s’intéresser à l’occasion en restant sur les grandes marques comme Durst, Ahel, Krokus, Paterson,etc. Il me semble difficile d’effectuer un achat sans voir le matériel. Si l’aspect extérieur n’a pas beaucoup d’importance, ce n’est pas le cas de certains points sensibles qu’il faut absolument vérifier. Ils sont indiqués ci-dessous.

note :
Si on part du principe que vous traiterez essentiellement des films 135, il faut que l’agrandisseur soit configuré pour ce format. On en trouve sur le marché de l’occasion a partir de 6

Un agrandisseur comprend les éléments suivant :

Une boite à lumière qui doit être étanche, aucune lumière ne devant être projetée vers l’extérieur au risque de voiler les surfaces sensibles. L’ampoule doit être opaque. 
Un système optique (condenseur) qui permet de concentrer la lumière sur le négatif. Il doit être en très bon état, surtout pas terni par le temps. Il doit aussi correspondre au format du négatif que vous souhaitez utiliser, ici le 135  et à la focale de l’optique correspondant à ce format.
Un objectif  qui est monté sur un dispositif de mise au point. (soufflet + crémaillère). Pour le 135, il doit avoir une focale située entre 45 et 55 mm. Les lentilles ne doivent pas être abîmées : rayure, éclat ou/et voile. L’ouverture est en principe de f/3,5 . Schneider Componon est une marque très abordable et très répandue. La crémaillère permet la mise au point. Elle doit être en parfait état afin de pouvoir monter ou baisser l’optique avec une très grande précision, sans à-coup.
Un passe vue 135 : sans verre et parfaitement poli pour passer un film sans le rayer.
Un tiroir à filtre (voir plus bas le § sur le sujet)
Un plateau pour poser le margeur
Un filtre inactinique placé sur le corps le l’appareil entre l’objectif et le plateau.
Une colonne à crémaillère permet de monter ou descendre la tête de l’agrandisseur.

Il est aussi important de vérifier la technologie de l’agrandisseur. Dispose-t-il d’un tiroir à filtres ou non ?  La technique des filtres de contraste n’étant pas utilisée avant les années 70, on trouve actuellement des agrandisseurs qui n’ont pas de tiroir . Or, aujourd’hui il n’est pas possible de faire des tirages sans ces filtres. Si vous avez ce type d’agrandisseur, il faudra vous fabriquer un porte filtre que vous placerez entre l’objectif et le plateau.

2- Les Papiers

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LogoPour les raisons que je viens d’expliquer, il n’existe plus que du papier multigrade. Ces papiers sont proposés sur deux supports différents :
Le support RC : L’émulsion est couchée sur du polyéthylène, une résine thermoplastique. Le RC est un papier standard.
Le support FB : L’émulsion est couchée sur de la fibre papier. Le FB est un papier Premium offrant des résultats de niveau professionel.

Pour vos premiers tirages, je vous conseille d’utiliser le papier RC, beaucoup plus simple d’utilisation. Le papier Premium, lui, sera utilisé une fois les premières bases acquises. Préférez l’achat d’une pochette 20 x 30 cm. Un format qui vous permettra de faire aussi des 10 x 15 cm (4 par feuille) et des 15 x 20 cm (2 par feuille). Si vous restez dans la marque Ilford, utilisez  le papier Multigrade IV RC de luxe – Surface Brillante – 24 x 30.5 cm.

Note : 
Le support RC permet un temps de lavage beaucoup plus rapide. Quelques minutes au lieu d’une heure pour les supports papier.

3- Les produits chimiques

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Budget environ 110,00 €

Vous aurez besoin de 5 types de produits :

– Un révélateur film
– Un révélateur papier
– Un fixateur film et papier (même produit)
– Un bain d’arrêt film et papier (même produit)
– Un agent mouillant pour le séchage du film. (Éventuellement)

La durée de vie du révélateur est limitée dans le temps car il s’oxyde à l’utilisation mais aussi durant son stockage (via un contact avec l’air et/ou la lumière). Il peut s’altérer très rapidement et devenir inutilisable au bout de quelques semaines. Une situation qui serait catastrophique pour le développement d’un film, un peu moins pour le papier. Sa couleur jaune est un indice. Il faut donc prendre quelques précautions :

  1. N’achetez pas de grande quantité.

    Bidon pour produit photo Ahel

    Bidon Ahel Distribution

  2. Une fois ouvert, transférez le produit inutilisé dans un bidon accordéon opaque afin d’éliminer l’air au fur et à mesure de l’utilisation.
  3. Lors de la préparation du bain de développement, agitez le mélange “révélateur / eau” modérément.
  4. Ne jamais secouer un révélateur.

Par contre, pour les fixateurs, bain d’arrêt et agent mouillant, il peut être intéressant de prendre une certaine quantité pour bénéficier d’un coût de revient plus avantageux.

Si vous débutez dans le labo NB, le plus simple est d’utiliser qu’une seule marque pour l’ensemble de la chaîne. afin d’avoir une parfaite compatibilité. Ilford est une référence dans la photographie et possède le catalogue le plus complet. Dans cet esprit, je vous propose les produits suivants :

Pour le développement film
Révélateur Ilford
– Révélateur Ilford ILFOTEC LC29 en 0.5 L pour faire au minimum 10 L de solution pour développer environ 30 films. (env. 20,00 €)

– Bain d’arrêt Ilford Ilfostop en 0,5 L pour faire 10 L de solution (env. 15,00 €)
– Fixateur Ilford Rapid Fixer en 1 L pour faire 5 L de solution (env. 14,00 €)
– Agent mouillant Ilford IFOTOL en 1 L pour faire 200 L de solution (env. 20,00 €)

Pour le développement papier
Révélateur multigrade Ilford
– Révélateur Ilford Mulitigrade en 1 L pour faire 10 L de solution (env. 18,00 €)

– Bain d’arrêt Ilford Ilfostop en 0,5 L pour faire 10 L de solution (env. 15,00 €)
– Fixateur Ilford Rapid Fixer en 1 L pour faire 10L de solution. (idem film)

Note 1 :
Utilisez aussi les films de la même marque : le 135 Ilford FP4 plus 125 Iso (env. 5,00 €) et/ou le 135 HP5 plus 400 Iso (env. 5,00 €)  Cela permet d’avoir des informations sur les temps de développement très précises.
Voir doc Ilford ici.

 

Note 2 :
Il ne faut pas négliger l’aspect toxique des produits chimique. Personnellement, j’ai rencontré assez peu de problèmes d’allergie dans le monde de la photo Noir et Blanc, ce qui n’est pas le cas de la chimie couleurs. Mais il est nécessaire de prendre quelques précautions : bien ventiler le local, éviter trop de projection sur la peau et stocker vos produits usagés dans un récipient. A mon sens, ces produits peuvent être portés dans les déchetteries car on peut les assimilés aux radios argentiques qui, elles, sont autorisées. (plus d’information ici)

4- Le développement négatif

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Mise à part deux points délicats, le chargement et le séchage, le développement du film est un processus assez simple qui ne devrait pas poser de problème.

A- Le chargement du film
Le développement va se faire avec une cuve Patterson. Elle contient un système de chargement à spire qui demande une petite technique. Je conseillerais aux débutants de s’entraîner “”au jour” puis “au noir” afin de bien maîtriser leur utilisation. La première fois, prévoyez une boîte étanche afin d’y placer le film exposé pour rallumer la pièce en cas de difficultés.

Chargement d'un film sur une spire

Système de chargement à spire

Fonctionnement d’une spire
Cette pièce est composée de deux joues spiralées qui vont permettre de glisser le film sans qu’il se touche. Les deux joues s’emboîtent et leurs entrées doivent se trouver l’une en face de l’autre, chacune d’elles permettant un mouvement de va et vient.
Elle doit être parfaitement sèche. 
Coupez l’amorce de chargement du film puis avancez-le dans les rainures sur environ 5 cm. Ensuite, faites avancer votre film par un mouvement alternatif de va et vient tout en tenant le film entre chaque mouvement. Une fois chargé, replacer le tout dans la cuve sans oublier le tube central qui assure l’étanchéité. Refermez la cuve sans remettre le couvercle. Vous pouvez rallumer la lumière et préparer votre révélateur.

B- La préparation du révélateur
Comme indiqué plus haut, nous allons utiliser le révélateur Ilford ILFOTEC LC29,  un produit très facile d’utilisation, dit “à bain perdu”. Une seule préparation permettra plusieurs développements dans une même séance de travail.
La dilution sera de 1 pour 29 : pour 600 ml de produit, il faudra donc 20 ml de concentré et 580 ml d’eau. La température de traitement doit être de 20°. Le temps de traitement est de 12 minutes.

La température de traitement doit être précise et sera mesurée avec un thermomètre juste avant son versement dans la cuve. C’est la raison pour laquelle, je ne conseille pas de préparer le produit avant le chargement du film, la température pouvant avoir baissé au moment du développement.

Note :
Si vous utilisez des films Ilford, il est possible de changer ces conditions de traitement. Par exemple :
– Pour une température de 18° le temps de développement sera de 14 min

– Pour une température de 22° le temps de développement sera de 10 min
Voir doc Ilford ici.

C- Le développement
Une fois le produit préparé, vous devez le verser le plus rapidement possible dans la cuve et placer le couvercle d’étanchéité  (ou bouchon). L’agitation doit démarrer immédiatement par renversement de la cuve. (2  fois). Continuez ensuite l’agitation au rythme de 1 renversement par 30 sec. N’agitez pas plus, au risque de sur-développer le film. 30 secondes avant la fin du développement, videz la cuve et versez immédiatement le bain d’arrêt.

Note :
Si vous souhaitez faire un second développement un peu plus tard dans la journée, récupérez le bain dans un bidon. Vous devrez prendre une nouvelle spire parfaitement sèche.

D- Le bain d’arrêt
Durant les 12 minutes de développement, vous aurez le temps de préparer le bain d’arrêt Ilfostop avec une dilution de 1+19. La température ne doit pas excéder +/- 5° par rapport à celle du révélateur. Une fois versé dans la cuve, agitez 30 sec, puis videz le produit et versez le fixateur.

E- Le fixage
Le bain de fixage pour film aura été préparé avec une dilution de 1+4. Le temps de traitement sera d’environ 5 minutes. Lui aussi ne doit pas excéder +/- 5° par rapport à celle du révélateur.

Note :
Avec 1 litre de fixateur, vous pouvez traiter 24 films 135/36 poses
Lors d’une manipulation simultanée des trois produits, attention de ne pas contaminer le révélateur avec le bain d’arrêt ou le fixateur. Il perdrait une grande partie de son efficacité. Des bidons séparés doivent être absolument affectés : 1 par produit..
Cuve film Paterson

Cuve Paterson

F- Le lavage
Nous arrivons à l’étape du lavage. C’est une étape beaucoup plus importante qu’il n’y parait car elle conditionne la conservation du film dans le temps. Elle demande une certaine attention car les sels d’argents se déposent par gravité au fond de la cuve et laisser couler l’eau dans une cuve ouverte ne constitue en aucun cas un bon lavage. Il faut laisser la cuve fermée, l’eau arrivant par un tuyau souple sera pour ainsi dire “forcée” et renouvelée continuellement sur les 2 faces. Il faut 30 minutes de lavage à 20° et 2 h à 10°

Note :
Attention aux écarts brusques de température (une eau de lavage trop chaude provoque un réticulation du film, une sorte de gaufrage) Il est possible d’économiser du temps et de l’eau en limitant le débit et en vidant au moins 6 fois la cuve.

G- L’agent mouillant et le séchage
Il est indispensable d’utiliser la pince essoreuse pour enlever l’eau résiduelle du film. Le séchage doit se faire à température ambiante et au maximum entre 30 et 40°. Il faut absolument préserver le film de la poussière.
L’agent mouillant n’est pas obligatoire mais il facilite ce séchage et élimine les traces de calcaire sur les deux faces.

Note :
Une fois sec, il est encore possible de nettoyer le film, mais uniquement sur le support (coté brillant) avec une peau de chamois humidifiée d”eau. Une bonne solution consiste à installer celle-ci sur une patère murale, ce qui permet de tenir le film par les extrémités pour le passer sur la peau.

5- Le tirage – principes et préparation

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A- Le principe des filtres de contraste
Dans le passé, le laborantin travaillait sur plusieurs papiers. Pour un format et une surface donnée, comme le brillant, il disposait, de 6 types de gradation :

Les gradations d'un papier photo

Correspondance entre
gradations et filtres de contraste

  • Extra doux et Doux pour les clichés très contrastés
  • Spécial et Normal pour les contrastes normaux
  • Dur et Extra dur pour les faibles contrastes ou les négatifs sous et sur exposés.

L’opérateur choisissait la gradation en fonction du contraste du négatif. On imagine le stock papier nécessaire. A partir des années 80, les fabricants ont conçu un papier multicontraste. Une gamme de filtres en gélatine remplace alors la gamme de papiers. C’est la technique qui est utilisé aujourd’hui.

Le contraste d’un négatif peut subir d’importantes variations, en fonction du sujet, du type de film et du type de révélateur utilisé. En conséquence, les négatifs ont des contrastes très variables et la difficulté majeure pour un débutant est trouver la correspondance entre le négatif et le papier.

Note :
Il me semble important d’avoir des filtres de la même marque que le papier utilisé afin qu’ils correspondent bien à la couche couleur qui gère le contraste. Vérifiez que la numérotation proposée par le fabricant est la même que celle décrite dans cette formation

On dispose aujourd’hui de 12 filtres de contraste.
Pour vous aider à sélectionner le filtre correspondant à votre négatif, reportez-vous aux modèles ci dessous. Ils représentent les 6 types de contrastes que vous pouvez rencontrer. En comparant votre négatif à ces modèles, vous trouverez facilement le numéro du filtre correspondant.

Double cliquez sur l’image pour l’agrandir

Les divers contrastes en photo Noir et Blanc

  1. Négatif très contrasté :  Ce type de vue, avec des extrêmes contrastes , est assez rare. De ce fait, les filtres correspondant seront très peu utilisés.
  2.  Négatif contrasté: Ici aussi le contraste est important. Prise de vue ensoleillée avec ombres portées très marquées.
  3. Légèrement contrasté : Constitue avec le négatif normal la grande majorité des photos
  4. Négatif Normal : Souvent le point de départ du premier essai
  5. Très peu contrasté : Concerne les photo prises par temps gris, brouillard, etc.
  6. Sous ou sur exposé : Les filtres 11 et 12 correspondent très souvent à cette catégorie de photo.

B- Principe du tirage papier
En matière de tirage noir et blanc deux critères conditionnent la qualité de votre résultat : le contraste du négatif et le temps de pose. Compte tenu de la diversité des contrastes et des densités des négatifs, il est pratiquement impossible de faire d’emblée un tirage de qualité. L’opérateur devra faire des essais pour trouver la juste mesure entre le choix du filtre de contraste et le de temps pose, sachant que ce dernier influence, lui aussi, le contraste final de l’épreuve.

C- Préparation
Vous êtes maintenant devant votre agrandisseur, Vous avez autour de vous :

  •  Les trois cuvettes contenant le révélateur le bain d’arrêt et le fixateur. Vous avez préparé vos produits un peu comme  pour le film en prenant soin de ne pas polluer le révélateur avec les deux autres produits.
  • Les 2 pinces pour manipuler le papier, dont une réservée exclusivement au révélateur.
  • Votre papier photo et vos filtres de contraste.
  • Vos négatifs, la loupe de mise au point,et un chiffon anti statique
  • Un compte pose

Dans un premier temps vous allez décider du format de tirage (10 x 15 cm, 15 x 20 cm, 20 x 30 cm, etc.) et effectuez le cadrage et mise au point. Pour se repérer sur le plateau, on utilisera un margeur réglé au format souhaité.

Note :
Si pour diverses raisons, vous ne possédez pas de margeur, il est possible de fabriquer facilement un plateau de cadrage. Découpez un carton blanc mat (épaisseur 2 mm environ) au format 25 x 35 cm. Collez sur un angle deux languettes de 3 x 20 cm de ce même carton de manière à créer une équerre. Tracer sur le plateau, tous les formats qui vous seront utiles. Placez le sur votre agrandisseur, il vous permettra de faire votre cadrage, le papier photo venant en buté sur l’équerre. Vous ne pourrez pas faire de marges. Mais est-ce bien utile ?

6- La technique du tirage N & B

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A- Mise au point

  1. Placez sur votre plateau de cadrage une feuille de papier, le mieux étant le dos d’un papier photo usagé.
  2. Insérez votre négatif dans le passe-vue, après l’avoir essuyé avec un chiffon antistatique. Vous devez le positionner avec le coté mat (émulsion) vers le plateau.
  3. Ouvrez votre objectif au maximum
  4. Faites votre cadrage en montant ou descendant la tête de l’agrandisseur et en effectuant régulièrement la mise point.
  5. Une fois le cadrage correct, finalisez votre mise au point. Le scoponet est l’outil idéal. Il vous permet d’effectuer cette mise au point avec une grande précision. Sinon, aidez vous d’une loupe.
  6. Régler votre diaphragme entre f/8 et f/11. C’est à cette ouverture que l’objectif vous donnera la meilleure qualité. Par ailleurs cela réglera les problèmes de netteté que vous pourriez avoir si la surface du négatif n’est pas parfaitement plane.
  7. Éteindre l’agrandisseur.

B- Tirage des essais

  1.  En vous aidant du paragraphe 5A, choisissez une filtre de contraste et insérez le dans le porte filtre. Dans l’incertitude prenez le filtre N° 7.
  2. Découpez une bande de papier d’environ 3 cm de large.
  3. Effectuez une série de pose de durée égale en démasquant chaque fois une nouvelle plage du bout d’essai.
    Incidence du temps de pose sur un tirage Noir et Blanc

    Double cliquez sur l’image pour l’agrandir.

    Par exemple 5 expositions de 3 secondes chacune. La première expose 3 sec sur une petite partie de l’essai. Déplacez votre carton de manière à découvrir un peu plus le papier et exposez de nouveau 3 sec et ainsi de suite. Au final vous disposer d’un essai comportant 5 zones qui ont été exposées respectivement à 3, 6, 9, 12, et 15 sec.

C- Développement

  1. Développez l’essai en le plongeant rapidement dans le révélateur et en l’agitant 15 secondes. Ensuite retourner l’épreuve toutes les 15 secondes. Elle doit être développé à fond c’est dire jusqu’à que l’image soit stabilisée. Vous ne devez pas la sortir, même si vous avez l’impression qu’elle sera trop dense. (En fonction de la dilution le temps développement se situe entre 1 et 3 minutes)
  2. Une fois égouttée, placez-la dans le bain d’arrêt (env.15 sec) puis dans le fixateur. Vous pouvez allumer au bout de 60 secondes. Attention de ne pas contaminer le révélateur avec les deux autres produits.

D- Tirage de l’épreuve finale.

  1. A l’examen de l’épreuve deux questions de posent :
    1. Parmi les 5 plages de densité, l’une d’entre est-elle correcte ?
    2. Le contraste est-il correct ou non ?
  2. En fonction des réponses, vous pourrez :
    1. soit refaire un nouvel essai en changeant de filtre de contraste et/ou ajustant le temps de pose. (méthode identique au § B)
    2. Soit lancer le tirage définitif.

E- lavage et séchage

  1. Une fois le fixage terminé, vous pourrez procéder au lavage.
    1. Papier RC :  le temps est très court , environ 5 minutes et ne pose pas de problème particulier. La règle est de vider la cuvette 2 ou 3 fois.
    2. Papier FB : Par contre pour ce papier, le lavage est beaucoup plus long. Cela s’explique par le fait que le produit pénètre dans la fibre du papier. Le temps est de 60 minutes avec un changement régulier de cuvette
  2. Le séchage se fera à température ambiante. Les photos sont souvent accrochées à un fil. Je trouve que cette méthode détériore le tirage. Il est facile de se fabriquer une sorte de “moustiquaire” permettant à la photo de sécher à plat, simultanément sur les deux faces.
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Jean-Claude

Copyright –Décembre 2017 – Reproduction des textes et des photos interdites sans l’autorisation de l’auteur.

Source :
Ilford : Documentation technique sur le film FP4
Ilford : Catalogue produits – année 2018
Paterson : Catalogue produits – année 2018

 

 

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