Le développement des négatifs Noir et Blanc

Préparation des révélateurs

Beaucoup de personnes utilisent des révélateurs « tout préparés » qu’il suffit de dissoudre ou de diluer dans un volume d’eau déterminé pour obtenir rapidement le bain correspondant. Mais certain aimerait disposer d’un révélateur exactement adapté à leurs besoins : alors que quelques révélateurs seulement se trouvent « tout-préparé », il existe des centaines de formules que chacun est libre d’expérimenter à sa guise.

La préparation du révélateur à partir des produits de base ne présente aucune difficulté. Il suffit de respecter quelques principes généraux :

  1. Respecter l’ordre de dissolution indiqué dans la formule.
  2. On commence avec les 2/3 de la quantité d’eau, le reste sera ajouter à la fin de la préparation afin d’obtenir la quantité exacte du produit.
  3. Pour préparer un révélateur ne contenant pas de génol, dissoudre le sulfite de
    sodium en premier.
  4. Pour préparer un révélateur contenant du génol : dissoudre dans l’eau une pincée de sulfite, puis le génol et dissoudre enfin le sulfite de sodium.
  5. La chaleur facilite grandement l’oxydation spontanée des développateurs et, à un moindre degré, celle du sulfite de sodium : ne jamais utiliser une eau dont la température excède 50 °C pour la dissolution des produits.
  6. Dissoudre les produits successivement et dans l’ordre donné par la formule.
  7. N’introduire un produit dans la solution que lorsque le précédent a été complètement dissous.

 

Formules de révélateur

On ne trouvera dans cet article que quelques formules de révélateur très éprouvées et utilisable dans la pratique courante. On distinguera 3 catégories de révélateurs, répondant à tous les usages habituels :

  1. Révélateurs courants « standard »
  2. Révélateurs grain-fin
  3. Révélateurs spéciaux

Révélateurs courants « standard »

Certains de ces révélateurs sont universels, car on peut les employer aussi bien pour le développement des films que pour celui des papiers.. Leur formule est parfaitement classique mettant en oeuvre le génol-hydroquinone comme développateurs ; le carbonate de sodium ou métaborate de sodium en tant qu’accélérateur Dans ces formules la quantité de sulfite de sodium n’excède pas 50 g par litre. Les révélateurs de cette catégorie conservent au film sa rapidité nominale, sans exagération trop importante de la granulation.

Révélateur génol-hydroquinone ( kodak DK50 )

La durée moyenne de développement est de 6 m à 20 °C.

Il est très instructif de comparer la solution d’entretien avec la formule de base on constatera des quantités très augmentées des deux développateurs ainsi que de l’accélérateur -ici le métaborate de sodium -. En revanche, absence de bromure de potassium, justifiée par le fait que, si le bain a perdu son énergie initiale, c’est en grande partie à cause des bromures alcalins formés par la neutralisation de l’acide bromhydrique libéré par la réduction du bromure d’argent.

Ce révélateur peut être dilué en ajoutant 1 partie (1) d’eau, le temps de développement est environ 14 mn à 20 ° Le taux d’entretien est de l’ordre de 1 litre par mètre carré de surface sensible développé

(1) La dilution doit se faire à 1+1 : 1 volume d’eau + 1 volume de bain préparé.

 

Révélateur au phénidon-hydroquinone ( Ilford ID 62 )

Le remplacement du génol par le phénidon donne au révélateur une meilleure
conservation et une activité qui reste constante, grâce à la particularité du
phénidon de se régénérer à partir d produit d’oxydation de l’hydroquinone. Ce
bain doit être utilisé à la dilution de 1 partie de solution de réserve pour 3
parties d’eau ; le temps de développement est d’environ 6 mn à 20°C

Notez la présence de deux antivoiles : bromure de potassium et benzotriazol.
La dilution 1 partie de solution de réserve pour 2 parties d’eau convient au
développement des papiers au bromure.

Révélateurs grain-fin

On les emploie avec les films de petit et moyen formats de rapidité moyenne : il est sans objet de les utiliser avec les films lents, dont la granulation naturelle est très réduite, et absurde de les employer avec les films très rapides, qui perdraient ainsi une fraction importante de leur rapidité nominale.

Les conditions nécessaires à un révélateur grain-fin sont les suivantes :

  1. Mise en oeuvre d’un développateur à énergie modérée.
  2. Solution faiblement basique (pH compris entre 8 et 9).
  3. Éventuellement, emploi d’un solvant du bromure d’argent (soit sulfite de
    sodium en dose massive, soit sulfocyanure de potassium.

Tous les véritables révélateurs grain-fin provoquent une perte plus ou moins importante de la rapidité initiale du film. Les formules sont innombrables : on trouvera ci-dessous 2 formules très classiques :

Révélateur grain fin 10, 100, 1 000
Ce révélateur a le mérite d’une très grande simplicité de préparation :

Lors de la préparation, ne pas oublier de jeter une pincée de sulfite dans l’eau tiède avant d’y dissoudre le génol. L’action de ce révélateur est lente (15 mn à 20 °C en moyenne). La perte de rapidité initiale du film est de l’ordre de 70 % : ainsi un film de 160 ASA devra-t-il être exposé comme un film de 64 ASA.

La granulation très réduite obtenue avec ce révélateur est due à la dose importante de sulfite de sodium anhydre associée à un développateur dont l’énergie est modérée en solution pratiquement neutre.

Révélateur au suffocyanure de potassium Kodak DK. 20
Le solvant du bromure d’argent est ici sulfocyanure de potassium

Temps de développement : environ 15 mn à 20 °C. Perte de rapidité : 40 à 50 % de la rapidité initiale du film.

 

Révélateurs spéciaux

Révélateur très énergique pour négatifs sous-exposés Kodak D. 82

Un tel bain peut être employé lorsqu’on sait à l’avance que les négatifs ont été sous-exposés. On notera les grandes quantités des deux développateurs, l’emploi de la soude caustique, la dose de 9 g/I de bromure de potassium destinée à prévenir le mieux possible la montée d’un voile chimique trop prononcé.

On développera 4 à 5 mn à 20 °C. Développer dans un révélateur de ce type est une opération « de sauvetage » susceptible de rendre « tirables » des clichés qui auraient été inutilisables, les images obtenues sont de qualité médiocre (contraste excessif, granulation importante).

 

Traitement en cuve à spirale étanche

Il existe plusieurs types de cuve qui correspondent au type (135, 120, plan film.) et à la quantité de films à développer.  La spirale réglée à la largeur du film (35 ou 60 mm, plan film, etc) est chargée dans l’obscurité, selon la notice d’emploi de la cuve; généralement le film est introduit entre les deux joues spiralées de la bobine par un mouvement alternatif de va-et-vient. La spirale chargée est placée dans la cuve ensuite soigneusement refermée.

Cuve avec son couvercle étanche, la bobine joues spiralées et l’agitateur.

La lumière blanche est allumée dans le laboratoire. Prélever à l’aide d’un verre gradué, dans la solution de réserve, la quantité de révélateur juste nécessaire, selon la contenance de la cuve et porter le bain à la température correcte (20 °C). On peut maintenant introduire rapidement le révélateur dans la cuve étanche par l’ouverture – en forme d’entonnoir – ménagée dans le couvercle. Il faut commencer immédiatement l’agitation :

  • soit au moyen d’un agitateur s’emboîtant à l’intérieur de la cuve sur le moyeu de la spirale, qui permet de faire tourner cette dernière dans le révélateur (quelques tour par minute, toujours dans le même sens que celui de l’enroulement du film).
  • soit – pour les modèles de cuves le permettant-par renversement de la cuve fermée par un bouchon (1 renversement toutes les 30 s environ). Environ 25 s avant que le temps de développement ne soit atteint, vider rapidement le révélateur (dans un flacon à l’aide d’un entonnoir si on désire le récupérer) ; verser immédiatement le bain d’arrêt dans la cuve. Agiter 30 secondes. Vider la solution et verser le bain de fixage.

Jean-Claude